Comme chaque jour, quand l’ennui me prend, je regarde par la fenêtre. Le ronronnement du ventilateur de l’ordinateur portable, et le petit courant d’air chaud qu’il amène, ne sont pas désagréables.

Ils sont là, comme souvent. Ce mâle arrogant, qui se fait bien remarquer. Quelle impudence ! On aimerait aller le griffer, pour qu’il remballe sa suffisance. Il faut dire qu’il trouve des femelles qui se laissent prendre à son allure de bellâtre.

Pourtant, à d’autres moments, je me laisse aller à des pensées d’un autre ordre. Finalement, n’est-ce pas eux qui vivent vraiment ? Et moi qui ne vis pas, à ma fenêtre ? Que fais-je ici ? N’est-ce pas leur liberté que j’envie, au fond ? Quel destin manqué-je, jour après jour, à me tourner et retourner dans ma domesticité ?

C’est alors qu’on me tire de mes pensées : « Alors, chat, encore à regarder les pigeons ?».