On reproche actuellement à des collègues dans certaines disciplines de se livrer à du militantisme politique sous couvert de science. J’aimerais revenir là-dessus.

En quelque sorte, selon certains, le scientifique devrait se limiter à décrire la réalité, et non à agir pour transformer celle-ci. Est-ce bien là ce que l’on attend d’eux seulement ?

Les scientifiques, au moins en sciences « exactes », sont incités à collaborer avec des industriels, voire à fonder des entreprises (start-ups). On est bien là clairement dans l’action sur la réalité, et non dans sa description.

On pourra m’opposer qu’il s’agit là d’une action économique et non politique. Or, par ailleurs, on encourage les scientifiques à contribuer à la définition de normes. J’ai vu reprocher à un laboratoire son manque de participation à des comités internationaux de normalisation ; on attend de médecins, du moins de certains, qu’ils contribuent à des normes en matières médicale ou chirurgicale ; on attend d'enseignants-chercheurs de droit qu’ils proposent des solutions au législateur. Là encore, il ne s’agit plus de décrire l’état de l’art, mais de proposer des évolutions qui s’imposeront à tous.

Pourquoi, dès lors, s’offusque-t-on que des sociologues ou politologues proposent des évolutions politiques ou sociales ? Quelle est la différence avec les autres sortes de contributions actives citées plus haut ?

PS: J'avais écrit « professeurs de médecine », on m'a fait remarquer que c'était réducteur par rapport aux autres hospitaliers.