Une annonce de la direction du CNRS, il y a quelques jours, au sujet de la prise en compte des publications des chercheurs CNRS dans leur rapport annuel uniquement si elles ont été déposées dans HAL. Certaines incompréhensions ont suivi, et j’aimerais clarifier ici quelques points soulevés.

Les chargés et directeurs de recherche au CNRS (mais pas les ingénieurs de recherche, chercheurs contractuels, enseignants-chercheurs membres d’unités du CNRS, ou autres personnels) doivent rendre trois sortes de rapports d’activité :

  • Tous les deux ans et demi (auparavant tous les deux ans), un rapport détaillé avec discussion de la recherche effectuée, bibliographie, etc. Tous les cinq ans (auparavant tous les quatre ans) ce rapport doit être accompagné d’un projet de recherche. Ce rapport donne lieu à évaluation par la section compétente du Comité national de la recherche scientifique (CoNRS).

  • Pour les demandes de promotions ou de prime d’encadrement doctoral et de recherche (PEDR).

  • Tous les ans, le compte-rendu activité chercheur (CRAC), ou, dans les disciplines de sciences humaines et sociales, le RIBAC.

Le CRAC est de nos jours un formulaire dans une application Web, avec diverses rubriques (publications, colloques auxquels on a assisté, dépôt de brevets…). Je trouve d’ailleurs son ergonomie assez déplorable (rubriques et catégories au sens peu clair, beaucoup de mouvements de souris pour saisir chaque information…), mais je suis philosophe à ce sujet depuis que je connais l’interface de gestion des projets européens.

J’ignore à quoi sert précisément le CRAC. Peut-être en tire-t-on des statistiques. Je sais que le CoNRS a le CRAC a disposition lors de la lecture des rapports détaillés, peut-être ses membres y cherchent-ils des informations complémentaires dans les dossiers délicats ?

Actuellement, les rubriques du CRAC concernant les publications scientifiques peuvent être remplies à partir de HAL (je reviendrai plus bas sur ce qu’est HAL), mais on peut en tout cas compléter et rectifier à la main. C’est cette possibilité que le CNRS compte supprimer, afin d’encourager le dépôt de notices bibliographiques dans HAL.

HAL est un service commun au CNRS et à d’autres organismes proposant plusieurs services entremêlés :

  • C’est une base de notices bibliographiques (auteurs, nature de la publication, éditeur, etc.) avec ajout de données administratives et bureaucratiques (affiliations des auteurs, nature du financement des travaux…).

  • C’est aussi une archive ouverte (mise à disposition gratuite d’articles scientifiques au public) dans laquelle on peut aussi bien déposer des rapports de recherche, voire des brouillons, que des articles ou autres documents publiés chez un éditeur. Dans ce dernier cas, on est généralement contraint de ne fournir que la version auteur, c’est-à-dire avant traitement par l’éditeur.

L’obligation de dépôt des notices ne s’étend pas à celle du texte des articles eux-mêmes, même si ce dépôt est encouragé. À noter que depuis la loi sur la République numérique de 2016 (mes lecteurs se souviendront peut-être des articles et tribunes que j’ai publié à ce sujet), toute clause des contrats d’édition faisant obstacle à la mise en ligne des articles par les auteurs après 6 mois après leur publication (1 an pour les lettres, sciences humaines et sociales) est réputée nulle.

Peut-être faut-il relier cette obligation de dépôt de notices bibliographiques avec celle d’un accord entre un consortium d’organismes français de l’enseignement supérieur et de la recherche et des éditeurs, prévoyant la mise en place de liens depuis HAL vers les sites des éditeurs et à terme (au bout de deux fois le délai légal cité plus haut) le chargement automatique sur HAL d’une version ouverte de l’article.

(Message aux collègues concernés : j’aimerais que l’on m’explique en quoi consiste le RIBAC et sa différence avec le CRAC.)