J’ai expliqué être opposé aux machines de vote électronique car j’estime qu’en cas de contestation, il serait impossible à l’expertise technique de convaincre les électeurs de l’absence de tricherie. On m’a demandé s’il ne s’agissait par là d’une forme de renoncement.

Le scientifique doit-il renoncer à son expertise au motif que des complotistes pourraient l’accuser de malhonnêteté ? La raison doit-elle s’incliner devant la croyance et la partialité politique ? Sans doute non. Toutefois, rejeter toute méfiance comme relevant du complotisme irrationnel, et donc à ignorer, est à mon avis une mauvaise analyse.

Si l’on m’avait dit, il y a quelques mois qu’un proche du Président de la République se faisait passer pour un policier pour pouvoir rouer de coups des manifestants, peut-être par sadisme, j’aurais dit qu’il s’agissait d’un excellent scénario pour un film censé se passer dans une dictature sud-américaine des années 1970, mais que c’était « trop gros » pour se passer en France. Et pourtant, des choses « trop grosses » se sont passées, avec des complicités multiples.

L’incroyable d’hier est devenu le réel d’aujourd’hui. Si pareilles choses sont possibles, il est rationnel de penser que d’autres, moins visibles, le sont, et il est donc rationnel d’être méfiant !