Le ''Journal du CNRS'' m'a sollicité ce printemps pour deux articles qu'ils ont mis en ligne :

  1. Un point de vue sur la question de l'usage des « algorithmes » par les pouvoirs publics et les questions qu'il faut se poser en matière de transparence, d'opposabilité et de contrôle démocratique.
  2. Un article plus relié à mon domaine de recherche sur les méthodes pour assurer la fiabilité des logiciels de contrôle-commande en avionique, sujet qui m'a beaucoup occupé de 2002 à 2007.

J'ai par ailleurs publié avec Virginie Gautron un article aux Archives de politique criminelle un article sur l'usage des « algorithmes » pour rechercher des profils suspects dans la population.

Si je suis effectivement expert en méthodes formelles et j'ai effectivement réalisé avec d'autres des outils industriels dans ce domaine, je ne suis expert ni en méthodes d'apprentissage ni en leur application aux problèmes sociaux ou juridiques ; se pose donc la question de ma légitimité à écrire sur ces sujets.

Je m'en suis évidemment tenu à des généralités que n'importe quel scientifique du domaine qui se tient un peu au courant pourrait énoncer, par exemple au rappel de faits statistiques de base; j'ai par ailleurs fait relire une partie de mes propos par des spécialistes. Pourtant, je ne me sens guère à l'aise, et j'ai d'ailleurs tenté de rediriger mes interlocuteurs vers des collègues plus à même de répondre à leur demande.

J'éprouve, je ne le cache pas, un certain agacement quand je vois des universitaires, faisant état de leurs titres et en tirant légitimité pour s'exprimer en public, parler de sujets qu'ils ne connaissent guère pour dire au mieux des platitudes, au pire des faussetés. Le danger est donc pour moi de me comporter d'une façon que je réprouve chez les autres.

D'un autre côté, il semble que les instances de médiation scientifique, les collègues d'autres disciplines voire les pouvoirs publics manquent d'interlocuteurs scientifiques en informatique. Si personne n'accepte ce rôle, fût-ce pour parler de domaines qu'ils ne connaissent que de loin, ils trouveront d'autres interlocuteurs, encore moins qualifiés. Par ailleurs, le niveau d'explications à fournir n'est souvent guère élevé et ne nécessite pas de connaissances approfondies ; après tout, on attend d'un enseignant-chercheur en informatique qu'il puisse assurer des enseignements de licence même s'ils ne portent pas sur sa spécialité !

Qu'en pensez-vous ?