J'évoquais dans mon billet précédent un récent article du Canard Enchaîné évoquant les conditions auxquelles un professeur des universités est employé comme déontologue de l'Assemblée nationale. Une chose me dérange dans la présentation donnée par le Canard, comme d'ailleurs dans d'autres affaires semblables : le travail du professeur des universités n'est évoqué que sous l'angle des heures de cours à effectuer, et de l'éventuelle dispense totale ou partielle d'assurer celles-ci. Le lecteur non averti pourrait concevoir la fausse idée que le travail d'un professeur des universités se limiterait à donner 192 h de cours par an !

Selon le Code de l'éducation (article L952-3),

« Les fonctions des enseignants-chercheurs s'exercent dans les domaines suivants :

  1. L'enseignement incluant formation initiale et continue, tutorat, orientation, conseil et contrôle des connaissances ;

  2. La recherche ;

  3. La diffusion des connaissances et la liaison avec l'environnement économique, social et culturel ;

  4. La coopération internationale ;

  5. L'administration et la gestion de l'établissement. »

Ainsi, outre l'enseignement proprement dit, un professeur ou maître de conférences des universités a des missions d'administration de l'enseignement, d'administration de la recherche, de vulgarisation, de valorisation (dépôts de brevets, collaborations avec l'industrie…). Quant à l'enseignement, le travail ne se limite pas à 192 h de cours par an (en réalité, 192 h « équivalent TD ») — en effet ce décompte ne tient pas compte du temps de préparation des cours (parfois très lourde s'il s'agit d'aborder un sujet nouveau pour l'enseignant, s'il y a rédaction de supports de cours, etc.), de la rédaction de sujets d'examen et de leur corrections, des oraux, des jurys, de la coordination des enseignants…

Quant à la mission de recherche, elle concerne toutes les disciplines et non seulement les « sciences exactes » (c'est sans doute évident pour certains lecteurs mais pas pour tous). Ses modalités varient considérablement d'un domaine à l'autre, mais on retrouve il me semble partout qu'il s'agit de développer de nouvelles idées ou connaissances, ou de valider ou invalider des idées existantes, dans le respect de certaines règles et notamment de la méthode scientifique, avec in fine la publication de résultats validés par les pairs scientifiques.

De plus, notons que les 70000€ annuels de salaire cités dans l'article du Canard ne concernent pas l'ensemble des professeurs des universités, mais seulement ceux de « classe exceptionnelle » (grade auquel on peut éventuellement accéder en fin de carrière et dont l'accès est plafonné afin de lui conserver son caractère exceptionnel).