Le DAEU (diplôme d'accès aux études universitaires, qui permet l'accès à l'université sans le baccalauréat) comporte diverses options. L'option « philosophie » a été supprimée dans certains centres d'examen. Une pétition dénonce cette suppression.

Je trouve moi-même curieux et inquiétant que l'on supprime au DAEU A (littéraire) une discipline présente au baccalauréat littéraire. C'est toutefois du texte de la pétition que j'aimerais discuter ici. On trouve notamment les phrases :

La philosophie est l'une des disciplines qui assurent, au BAC français, sa spécificité en reconnaissant une valeur essentielle à ce qui permet un jugement éclairé. (...) Comme si nos futurs managers devaient se contenter d'être des exécutants au service d'une idéologie qui tait son nom. Parce qu'il y a, là derrière, manifestement un choix de société. Parce qu'on ne sait que trop la voie dans laquelle se sont engagées les sociétés qui ont méprisé l'exercice philosophique. (...) Parce que, enfin, la philosophie dans notre système éducatif est aussi un des symboles de notre République et que c'est s'en prendre aussi à la République que s'en prendre à celle-là.

Je serais curieux de savoir quels pays imposent ou non une épreuve obligatoire de philosophie pour le diplôme de fin d'études du lycée (ou de ce qui tient lieu de lycée), l'état dans lequel sont ces sociétés, lesquelles sont des démocraties libérales ou pas, etc. Cela permettrait en quelque sorte une évaluation empirique de ces affirmations. Bien entendu, il serait difficile de juger de si les citoyens de ces pays sont des « exécutants au service d'une idéologie qui tait son nom », mais on peut sans doute considérer des évaluations de la liberté de la presse, des autres libertés publiques et de la corruption.

Je constate également que ce texte semble revendiquer le développement d'une sorte de « compétence citoyenne » à l'aide d'un enseignement disciplinaire. C'est intéressant, cela me rappelle cette vieille revendication de la formation de l'esprit logique par le latin.