Je sors d'une semaine avec la grippe, et le moins que l'on puisse dire c'est que la fatigue et le mal de tête ne facilitent pas la réflexion. Aussi, s'agissant des récents attentats terroristes à Paris et banlieue, j'ai de nombreuses questions pour lesquelles j'apprécierais l'aide de mes lecteurs.

  1. À quoi servent concrètement les patrouilles Vigipirate, y compris les triplets de gendarmes mobiles dont l'un a un pistolet-mitrailleur et les soldats à FAMAS ?

  2. Le député Jean-Jacques Urvoas a affirmé que les terroristes avaient fait leurs repérages sur Internet. Comment sait-il cela ?

  3. Marine Le Pen envisage le rétablissement de la peine de mort pour les terroristes. S'agissant de candidats au martyre, la menace de cette peine semble assez inefficace, voire contre-productive (elle donnerait aux terroristes une occasion de martyre s'ils venaient à être arrêtés). Envisage-t-elle la même peine pour les complices ?

  4. On nous a dit et répété que les accusés s'étaient radicalisés en prison. Quel est alors le but d'envoyer en prison des quidams éméchés qui se sont laisser aller à des menaces stupides ?

  5. Pourquoi les parquets ont-ils requis de la prison ferme pour ces actes « d'apologie du terrorisme » ? S'agit-il d'instructions de madame la ministre de la justice, dont certains encore récemment déploraient le supposé laxisme ?

  6. Pourquoi les magistrats du siège ont-ils suivi ?

  7. On nous a dit et répété que les accusés s'étaient radicalisés en prison. Pourquoi la priorité semble-t-elle être de « contrôler » et « filtrer » Internet et les « réseaux sociaux » ?

  8. L'UMP propose de rétablir l'infraction d'indignité nationale et la peine de dégradation nationale, c'est-à-dire essentiellement la perte du droit de vote et de la possibilité d'accéder à des fonctions électives. Est-ce que cela est censé intimider des terroristes qui, visiblement, rejettent le pays dont ils ont la nationalité ?

  9. Est-ce qu'un seul des politiciens qui proposent des « mesures » contre le « djihadisme sur Internet » s'est demandé comment des jeunes ont pu en venir à avoir un état d'esprit les rendant vulnérables à de tels messages ?

  10. Pourquoi nous parle-t-on tant de « jeunes candidats au djihad », dépeints comme des adolescents qui se laisseraient entraîner dans des « réseaux », alors que les coupables des dernières attaques sont des hommes d'âge moyen passés par la prison ? A-t-on des informations sur l'âge des personnes parties combattre ou s'entraîner en Syrie ou ailleurs ?

  11. Nous entendons certains parler de « camps de déradicalisation ». De quoi s'agirait-il ?

  12. Pourquoi a-t-on invité des chefs d'état et de gouvernement étrangers à la marche républicaine de dimanche, dont des ennemis de la liberté d'expression ?

  13. Qui a organisé le « service d'ordre » de cette marche (les gilets fluo etc.) ?

  14. Que ceux qui déplorent que l'on parle tant de 11 morts chez nous et pas de 2000 morts par Boko Haram en Afrique suggèrent-ils que l'on fasse ?

  15. De quelle(s) infraction(s) accuse-t-on précisément ceux que l'on arrête pour tenter de se rendre en Syrie ou s'y être rendu ?

  16. Pourquoi Marine Le Pen n'a-t-elle pas répondu « taisez-vous, Elkabbach » lorsque celui-ci lui a demandé si elle n'avait pas honte ?