J'assiste sans surprise au défilé des propositions de politiciens quant aux actions à mener, aux changements législatifs et réglementaires à apporter, suite aux attentats. J'ai une anecdote qui pourrait être pertinente à ce sujet.

Fin 2005, j'assistais à une réunion avec une personnalité politique qui, à l'époque, s'imaginait un destin national. Bien que cela ne fût pas le sujet, à la fin, cette personnalité nous tint à peu près ce langage :

« Vous vous y connaissez en informatique, Internet, tout ça. De nos jours, les jeunes ont accès tôt à de la pornographie, sans comparaison avec celle qui existait auparavant. Que répondre aux électeurs, quelles mesures puis-je suggérer ? »

Nous étions fort embarrassé et nous répondîmes que c'était à chaque famille d'aborder la sexualité, qu'il existait des logiciels de filtrage, etc. Notre hôte semblait peu convaincu. Alors nous avons dit qu'il pouvait toujours blâmer « les américains » en expliquant que ceux-ci avaient refusé la création d'un domaine .xxx pour la pornographie, qu'il aurait été facile à filtrer.

Ce qui j'ai retenu de cette discussion, c'est que la personnalité politique en question se moquait bien de l'efficacité des mesures proposées (efficacité dont la mesure aurait demandé, d'ailleurs, une sérieuse réflexion sur les dangers dont on entend préserver la jeunesse) ; ce qui lui importait c'était d'avoir quelque chose à répondre aux électeurs et aux journalistes.

Nous pouvons donc nous attendre à une foule de propositions dont le but n'est pas de répondre efficacement à un problème, mais de montrer aux électeurs qu'on se préoccupe de leurs peurs.