Parmi les articles publiés à l'occasion de la livraison de l'A350 XWB, trois ont défavorablement retenu mon attention, l'un dans le Monde, l'autre dans BusinessTravel.fr, l'autre enfin de l'Agence de presse Xinhua, en raison des passages suivants :

« Sa pressurisation moindre a permis d’installer des hublots plus grands »

« Les matériaux composites sont également plus résistant ce qui a permis de diminuer la pression de la cabine: dans les cabines du B787 et de l'A350, elle correspond désormais à une altitude de 6000 pieds [1800 m] contre 8000 pieds [2400 m] pour les avions d'ancienne génération. »

« Grâce à une pressurisation moins importante, les passagers bénéficieront de hublots plus grands »

Rappelons ce qu'est la pressurisation. Les avions de ligne à réaction volent à des altitudes de l'ordre de 10000 m, où la pression atmosphérique est si faible qu'un humain s'y asphyxierait, sans parler de températures de -50⁰C. En conséquence, les systèmes de l'avion entretiennent à l'intérieur de l'avion une ventilation à une pression compatible avec la respiration humaine, équivalente à celle présente à une altitude de 1500 à 2400 m suivant les modèles. C'est ce que l'on appelle la pressurisation. C'est en cas de problème de pressurisation que les fameux masques à oxygène doivent tomber pour secourir les passagers. C'est cette différence entre la pression de l'air extérieur au moment de l'embarquement et celle entretenue dans l'avion qui provoque les douleurs aux oreilles lors de la montée et de la descente.

L'air à l'intérieur de l'avion étant à une pression supérieure à celle de l'air extérieur, il appuie sur la paroi de l'avion, y compris les hublots, et ce d'autant plus que la pression y est forte, autrement dit, d'autant plus que l'altitude équivalente est plus faible. Autrement dit, obtenir une pression simulant une altitude inférieure, pour le confort et la santé des passagers, produit plus de contraintes sur le fuselage, qui doit donc être plus résistant. De même, augmenter la taille des hublots exige un fuselage plus résistant.

On comprend donc que ces trois articles commettent d'importants contresens, et ce sur des points relevant de connaissances de physique élémentaires, enseignées, il me semble, dans le secondaire. Les similarités entre le premier et le troisième suggèrent la reprise de fragments d'une même dépêche, peut-être mal traduite.