Dans son numéro du 11 juillet 2014, l'International New York Times explique comment l'archipel norvégien du Svalbard, au statut particulier fixé par traités internationaux, n'a presque pas de délinquance : n'y sont admis que ceux qui travaillent (ou peuvent démontrer qu'ils peuvent subvenir à leurs besoins), les chômeurs et autres personnes dépendant de l'aide publique en sont expulsés. Quelques remarques s'imposent.

La délinquance considérée par les auteurs de l'articles semble être quelque peu restreinte (bagarres, vols, agressions crapuleuses) : on ne parle ni de délinquance « en col blanc », ni de violences domestiques ou sexuelles. De fait, il est en effet probable que des personnes qui travaillent et sont suffisamment bien rémunérées n'ont aucun avantage à agresser des quidams dans la rue pour leur piquer leur portefeuille ou leur iPhone, qui plus est dans une ville (Longyearbyen) dont on ne peut guère s'enfuir facilement.

L'article semble dire que les théories d'Ayn Rand ont du bon et qu'en quelque sorte, il suffit de ne pas avoir de chômeurs et autres « assistés » pour ne plus avoir de délinquance... mais il s'agit ici de les renvoyer dans leur pays d'origine, par exemple le reste de la Norvège, ce qui est une stratégie applicable par un très petit territoire mais qui ne passe pas à l'échelle. C'est un fonctionnement semblable à celui des paradis fiscaux, ou des petits territoires à fiscalité locale basse mais dont le petit personnel habite ailleurs.

On aurait aimé que l'auteur de l'article pose au moins la question : dans le cas d'un pays qui n'a pas la possibilité d'expulser ses chômeurs, inadaptés, handicapés etc., que faudrait-il pour appliquer la méthode Svalbard ? Les jeter à la poubelle ?