Certains journaux et magazines, par exemple le Canard Enchaîné, se font parfois l'écho d'argumentaires contre les « nouvelles technologies de l'information ». Divers arguments sont cités, notamment les conditions de travail des ouvriers des usines fabricant les dispositifs électroniques et la pollution occasionnée.

Avant l'irruption de la photocomposition informatisée et du traitement de textes, la composition des livres, journaux, magazines etc. se faisait au plomb. Les ouvriers typographes travaillaient donc quotidiennement à proximité de plomb en fusion, et le saturnisme était une de leurs maladies professionnelles.

L'encre utilisée, elle aussi, contenait du plomb (on se servait pourtant parfois des journaux usagés pour emballer des produits alimentaires !). Les gravures pour illustration mettaient souvent en jeu des acides ; quant à la photographie argentique, elle utilisait divers produits chimiques dont certains de nature à provoquer des maladies professionnelles.

Nous pourrions également évoquer les troubles musculo-squelettiques induits par l'usage des machines à écrire mécaniques (les plus jeunes de mes lecteurs ignorent sans doute l'usage de ces engins : il suffit de dire que c'était comme un clavier d'ordinateur, mais il fallait taper beaucoup plus fort, beaucoup plus profond, et chaque erreur était coûteuse voire impossible à corriger etc. donc la frappe sur ce genre d'engins est à la frappe informatique ce que l'ascension du col du Lautaret est à la circulation en vélo dans Grenoble).

Donc, la presse traditionnelle était une industrie polluante. Peut-être l'était-elle moins que la presse en ligne ; mais en tout état de cause, on ne saurait se limiter à citer les problèmes actuels sans les comparer à ceux du passé.