Quelques observations :

  1. Chez des jeunes femmes en bonne santé, il n'était il y a 15 ans pas rare que la quasi-totalité des consultations de généraliste soient pour des prescriptions de contraceptifs oraux, la consultation consistant essentiellement en la rédaction d'une ordonnance. (Depuis, on a augmenté la durée des prescriptions de contraceptifs, permis la délivrance de contraceptifs pour une ordonnance périmée, et permis aux sages-femmes de prescrire des contraceptifs.)
  2. On a subordonné la consultation d'un spécialiste à celle, préalable, du médecin traitant ; ce y compris pour des problèmes où il est évident qu'il faut consulter un spécialiste. Là encore, la consultation consiste essentiellement en un constat d'évidence et la rédaction d'un courrier pour le confrère.
  3. Seuls les ophtalmologistes peuvent prescrire des lunettes, alors que dans d'autres pays il suffit d'un optométriste. En pratique, la consultation consiste alors en l'utilisation d'une machine automatique qui diagnostique les corrections à apporter aux deux yeux et mesure l'acuité visuelle.
  4. Chez certains chirurgiens orthopédistes, le suivi médical (imposé) se limite à la lecture des rapports du kinésithérapeute (qui, lui, assure effectivement le suivi, toute ressemblance avec les pratiques de la direction de thèse de fait avec prête-nom habilité à diriger les recherches qui empoche le mérite...), un vague examen de la la zone traitée, et la facturation d'une consultation de spécialiste avec éventuellement dépassement d'honoraires.

Sur ces exemples, on constate que la multiplication des consultations n'est pas du fait des patients, mais des pratiques médicales et d'obstacles réglementaires (notamment le monopole de prescription et la délivrance de certains produits uniquement sur ordonnance). Je trouve assez gonflé de reprocher à un patient une consultation inutile mais imposée !