Il y a quelques années, je rentrais d'un déplacement professionnel qui m'avait assez fatigué. C'était le premier mai, donc pas de transports urbains dans Grenoble. Je pouvais soit rentrer à pied soit prendre un taxi.

J'optai pour le taxis, qui me prit ainsi qu'une dame allant dans la même direction.

Bientôt le chauffeur, évoquant les transports urbains, se mit à déblatérer sur les « fonctionnaires » qui ne travaillent pas le 1er mai, tandis que les braves chauffeurs de taxi, eux, s'étaient organisés pour pouvoir assurer la continuité du service.

Ne voulant pas apparaître comme un pinailleur, je ne voulus pas lui faire observer que les employés des sociétés d'économie mixte comme la SEMITAG, chargée des dits transports urbains, ne sont pas fonctionnaires mais salariés de droit privé, et qu'en revanche moi qui travaillais ce jour là étais un fonctionnaire.

La dame à côté de moi, apparemment fonctionnaire ou assimilée, tiqua également, fit une petite remarque et le chauffeur dut faire machine arrière, sur le thème « vous, je ne dis pas, mais... ».

Cela m'a vaguement rappelé un sketch de Desproges.