La polémique sur le « genre » m'amène à reposer la question de la différence entre instruction et éducation.

Instruire, je vois bien que les instituteurs, professeurs etc. peuvent le faire. Mais éduquer ?

Expliquer l'addition, la grammaire, faire apprendre l'orthographe, c'est possible. Mais déprogrammer directement les préjugés émanant des parents, de la famille ?

On pourrait penser, par ailleurs, qu'il suffirait d'inculquer aux élèves un certain scepticisme, un certain esprit critique. Or, l'enseignement tel que couramment pratiqué, avec ses simplifications « au programme », ses exercices-types, ses professeurs qui sanctionnent pour des problèmes de présentation ou de terminologie « au programme » ou non, est justement opposé à l'esprit critique.

Bref, j'ai peur que, comme souvent avec les décisions gouvernementales les mieux intentionnées, la volonté de combattre les stéréotypes ait du mal à se traduire en actions réellement efficaces.

Cet article ne contredit pas mon précédent article sur ce sujet. Je pense qu'un des rôles de l'enseignement est (théoriquement ; dans la pratique en France c'est souvent l'inverse, enfin c'était ainsi de mon temps) d'inculquer l'esprit critique et de faire prendre conscience des limites de nos conceptions étriquées, mais je suis en revanche sceptique envers les actions trop « volontaristes » décidées d'en haut, surtout si celles-ci braquent les parents, même si c'est pour de mauvaises raisons.