Ce que les articles de la presse française ne disent pas (mais que Wikipédia rappelle), c'est qu'en annexe de ce sanctuaire il y a un musée présentant une vision décidément révisionniste de l'histoire. Le Japon y est dépeint comme bénin, les crimes de guerre y sont niés. La description du massacre de Nankin y serait risible si le sujet n'était pas si dramatique (de mémoire, on y explique que l'armée impériale japonaise s'est comportée avec retenue et professionnalisme). Bien sûr, nulle mention de l'unité 731, qui pratiquait la vivisection et les expérience bactériologiques sur les prisonniers chinois. Je conseille à ceux qui passent à Tokyo de le visiter, les panneaux sont sous-titrés en anglais.

Bref, c'est un peu comme si à côté des Invalides il y avait un musée expliquant que les autorités françaises n'ont jamais collaboré avec l'Allemagne nazie, que le maréchal Pétain et Philippe Laval étaient des incompris, que la Milice maintenait l'ordre contre les voleurs et trafiquants, et qu'il n'y a eu ni déportations ni tortures.

Nul doute que si pareil musée existait à Paris, la presse américaine se déchaînerait contre la France encore plus que d'habitude ; mais comme la politique extérieure japonaise est alignée sur celle des États-Unis et que ce pays accueille un fort contingent militaire américain, elle n'évoque ce sujet qu'avec modération.

Dérapage isolé ? Pas sûr. Je me rappelle avoir entendu, il y a de cela environ 10 ans, un universitaire japonais expliquer que le Japon avait longtemps voulu créer une zone de co-prospérité en Asie... C'est beau comme du Jules Ferry justifiant la colonisation des « races inférieures ».