Dans les discussions sur la place de l'anglais dans l'enseignement supérieur (faut-il officiellement autoriser la soutenance de thèses en langue anglaise, etc.), on entend parfois l'affirmation selon laquelle si des gens viennent étudier en France, c'est qu'ils sont intéressés par la culture française (notre langue, notre littérature, voire notre art de la séduction ou que sais-je encore).

Ce n'est pas ce que j'observe autour de moi en ce qui concerne les étudiants étrangers venus faire des master ou thèses, ou les jeunes chercheurs en post-doctorat venus travailler en France. Je n'entends personne parler littérature; quant aux aspects culturels qui les marquent le plus, il s'agit sans doute, outre de la cuisine, de notre organisation bureaucratique confuse et malpolie.

Ceci est parfaitement compréhensible. Ces gens sont venus en France pour faire de la recherche en informatique, automatique ou mathématiques, pas pour s'occuper de littérature. Attendre qu'ils s'intéressent forcément à Proust est aussi incongru que d'attendre qu'une personne venue à Vienne étudier la littérature en langue allemande s'intéresse aux travaux de Kurt Gödel.