Le magazine l'Expansion propose « 6 mesures choc » pour « dégraisser le Mammouth » ; notamment avoir moins de fonctionnaires et les faire travailler plus.

Rappelons qu'en France, la presse est subventionnée de multiples façons et que ce secteur réclame sans cesse des aides, par exemple pour se moderniser sur Internet et par rapport aux « nouvelles technologies ».

J'ignore combien sont payés les journalistes de l'Expansion, mais le Monde a publié ses chiffres : un journaliste gagne en moyenne 3850€ net mensuel, un rédacteur en chef 5000-5500€. On constatera ainsi qu'un simple journaliste de ce journal gagne plus qu'un professeur des universités « de base », sachant que le corps des professeurs des universités est un corps de fin de carrière, vu que l'on commence habituellement comme simple maître de conférence... mais le traitement brut maximal d'un maître de conférence de classe normale (le tout-venant) est de 3800€/mois en fin de carrière ! (*)

Quant à un salaire > 5000€ net/mois, c'est celui d'un professeur de classe exceptionnelle, poste accessible en fin de carrière à une minorité triée sur le volet (il faut habituellement être un scientifique de réputation internationale, le genre qui se fait inviter partout dans le monde).

Nous pouvons bien sûr pinailler sur les chiffres, dire qu'il n'est pas si difficile de passer professeur première classe, que l'emploi de journaliste est précaire car soumis aux aléas de la vie du titre de presse, etc. On me dira que le journalisme emploie quantité de « petites mains » mal payées (pigistes), mais c'est également le cas de la recherche et de l'enseignement supérieur (vacataires).

Reste que j'ai un peu du mal à entendre le discours sur les fonctionnaires fainéants, surpayés et en surnombre de la part de magazines et de journaux qui trouvent tellement peu de lecteurs qu'ils sont obligés de se faire « aider ». Honnêtement, quand je vois les « unes » du Point (4,5M€ d'aides annuelles), je n'ai pas envie de l'acheter...

(*) Rappelons également que pour être maître de conférence et, a fortiori, professeur des universités, il faut avoir fait un doctorat, ce qui envoie au minimum à bac+8 et en pratique souvent au delà; ce qui renvoie à un âge élevé le premier « emploi stable ». La comparaison n'est peut-être pas pleinement appropriée, mais rappelons qu'il n'y a aucune condition de diplôme pour être journaliste professionnel (la « carte de presse » est accordée sur des critères purement financiers).