Lors des polémiques sur la « princesse de Clèves », certains avaient cru bon de prétendre que la littérature adoucissait les mœurs et qu'un fonctionnaire qui aurait lu (pas n'importe quoi : de la vraie littérature) serait plus « humain ». La mort de Paul Aussaresses est l'occasion de rappeler quelques faits à ce sujet.

Au début de son ouvrage Services spéciaux : Algérie 1955-1957, feu Paul Aussaresses rappelle son premier prix de version latine au concours général, sa khâgne au lycée Montaigne de Bordeaux, l'amitié de son père avec la romancière Colette, son goût pour la poésie de Lenau.

Quinze pages plus tard, il commence à parler torture, à justifier celle-ci... suivent les exécutions sommaires et autres activités humanistes.

J'en conclus donc que ceux qui parlent des vertus adoucissantes et humaines de la littérature feraient bien, soit de s'en rapporter à des études étayant leurs propos, soit de se taire.