Les masques tombent.

Mme Boutin va critiquer la politique intérieure de son pays dans une émission d'une télévision d'un pays autoritaire, qui n'hésite pas à réprimer violemment la dissidence.

Nous connaissons bien l'argument de Pierre Desproges : on peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui ; autrement dit, on établit une relation de connivence avec l'autre quand on se moque ensemble. Lorsque Mme Boutin établit une relation de connivence avec les iraniens, qui condamnent les homosexuels à mort, pour se moquer de l'action de François Hollande, notamment en faveur du mariage homosexuel, il m'est difficile de ne pas me sentir mal à l'aise.

Une comparaison : si un biologiste pensait détecter une différence fondamentale entre les cerveaux de certaines ethnies « noires » et des cerveaux européens, son discours aurait une autre teinture s'il était publié dans une revue savante, ou exposé à la tribune d'une réunion du Ku Klux Klan. Ou, à l'époque gaullienne, cela n'aurait pas eu le même sens de se plaindre d'un manque de liberté d'expression en France dans les journaux français ou américains, d'une part, ou dans la presse soviétique, d'autre part.

Argument de Mme Boutin : «Là-bas il y a des églises, des croix, des écoles chrétiennes, des prêtres chrétiens et cinq postes de députés réservés pour les minorités, même si tout n'est pas parfait»