Suite aux évènements de Trappes, la presse nationale et étrangère a parfois rapporté les analyses d'un individu présenté comme « chercheur au CNRS ».

Renseignements pris, cette personne n'est ni chercheur titulaire (chargé de recherche ou directeur de recherche), ni chercheur post-doctorant, mais simplement doctorant ; autrement dit c'est une personne qui mène des recherches qui n'ont pas encore été sanctionnées par le grade de docteur.

Je ne veux pas paraître faire preuve d'« âgisme » ou suggérer que les propos d'un doctorant seraient ipso facto forcément inférieurs à ceux d'un directeur de recherche. Il me semble toutefois que lorsqu'un journaliste présente quelqu'un comme « chercheur au CNRS », c'est un argument d'autorité (le journaliste indique au lecteur qu'il a interrogé quelqu'un censé s'y connaître, et non un quidam rencontré dans la rue). Or, l'autorité d'un doctorant n'est pas celle d'un chercheur plus expérimenté (rappelons qu'un doctorant a un directeur de thèse et que celui-ci est censé l'aider et le guider). (*)

Je peux cependant comprendre que les journalistes n'aient pas employé les termes de « doctorant » (inconnu de la quasi-totalité du public), « thésard » (inconnu lui aussi, familier et parfois considéré comme péjoratif), « étudiant » (qu'une partie du public interprétera comme « jeune qui suit des cours » voire « petit con ») ou « étudiant-chercheur ».

(*) Le recrutement d'un chercheur au CNRS se fait sur la base de concours nationaux très sélectifs, tandis que celui d'un doctorant se fait sur une base locale qui peut être très permissive dans certains cas (dans la plupart des disciplines scientifiques, le filtre principal est la disponibilité des financements...).