Nous avons beaucoup entendu parler de globish ces derniers temps. Je me permets de signaler les travaux de ma collègue Beyza Björkman sur l'enseignement en anglais en Suède, plus spécifiquement dans les disciplines de sciences et d’ingénierie à l'Institut royal de technologie (KTH) de Stockholm.

Je renvoie notamment sur ''English as the lingua franca of engineering education'', où l'on trouve notamment cette intéressante remarque conclusive :

It is remarkable that despite the relatively high frequency of the non-standard forms of English, there is little communication failure because of grammar- or vocabulary-related oddities. The results show a clear tendency by engineers to reduce redundancy and to focus on function regardless of standard form.

Signalons par ailleurs cet article plus politique de Claude Truchot, dans lequel je trouve une affirmation intéressante, quoique manquant de source pour la corroborer :

(...) le recours à un idiome approximatif qu’il est excessif de nommer « langue anglaise » et qu’il serait plus approprié de qualifier de « globish ». Lors du recrutement, les universités se fient le plus souvent aux publications en anglais des candidats. Mais dans presque tous les cas les textes ont été revus et réécrits pour être publiés et ne reflètent pas le niveau d’anglais de ceux qui les signent.

En informatique, en général, on n'a pas plus de corrections que celles proposées par les referees scientifiques, les éditeurs assurant un service souvent très minimal ; il est courant que ce soit aux auteurs d'assurer la mise en page et de fournir une version « prête à imprimer ». Parfois cependant, il y a relecture, avec des interventions pas toujours heureuses ; celles-ci semblent plus courantes dans d'autres disciplines, certains collègues déplorant qu'il soit nécessaire de repasser après les correcteurs...

On m'informe enfin de la pratique d'un collègue grenoblois de sciences de la Terre de recourir à un relecteur externe à l'université, coûtant de l'ordre de 200€ par article (mais il est dans un domaine où l'on paye de toute façon les revues pour publication, de sorte que ce coût n'est qu'additionnel). Je n'ai pour ma part jamais entendu parler de collègues de ma discipline qui agiraient ainsi ; au mieux, on trouve un collègue anglophone pour relire.

Tout ceci, encore une fois, me semble témoigner de la diversité des pratiques et des besoins dans l'enseignement supérieur.