M. le député Jacques Myard a déclaré :

« Il est clair qu’aujourd’hui, si vous êtes en pointe dans votre recherche et publiez en français, vous serez de toute façon lu dans le monde entier, car il existe partout des services ayant vocation à éplucher et traduire les revues scientifiques. »

Le sous-entendu est un peu le même que la thèse de mon collègue Pierre Colmez : si vous vous sentez obligé de publier en anglais pour être plus lu, c'est que vous êtes en fait un scientifique de seconde zone (je suppose que mon collègue n'entend parler que de son domaine des mathématiques).

À part cela, j'aimerais, puisqu'il existe partout des services qui épluchent et traduisent les revues scientifiques, que M. Myard m'indique celui compétent en France, dont on m'a ailleurs encore affirmé l'existence sans jamais daigner de me fournir ses coordonnées.

J'ai contacté M. Myard pour qu'il m'éclaire à ce sujet : j'ai parfois à lire de vieux articles en russe ou en allemand, et je profite de ce billet pour le remercier d'avance et publiquement.

Toujours selon M. Myard, l'anglais de communication internationale, c'est-à-dire celui utilisé dans l'essentiel des publications en sciences exactes, est

« un sabir qui est un moyen mercantile de vendre des cacahouètes, mais ne permet pas de conceptualiser. Quel est donc ce peuple qui a honte de sa propre langue ? »

J'ignorais que l'on accordât des prix Nobel, des médailles Fields, et autres hautes récompenses, pour des travaux sans conceptualisation.