Passons sur la réflexion selon laquelle de nombreux universitaires ne « domineraient » pas le français et étudions plus avant le problème du globish et de Shakespeare.

Tout est question de but. Le but de l'usager du globish n'est pas d'étudier la littérature élisabéthaine, qui peut-être ne l'intéresse pas, et qui fort probablement ne lui est d'aucune utilité personnelle ou professionnelle. Son but est de communiquer avec d'autres personnes qui ne maîtrisent pas sa langue, en général sur des sujets assez limités (science, technique, commerce, etc.).

J'illustrerai mon propos en transposant à un autre domaine. Supposons que des étudiants de lettres ou de philosophie demandent une formation en bureautique, et qu'on leur rétorque qu'il serait honteux que l'Université française fournisse un tel enseignement pratique et superficiel, négligeant les connaissances fondamentales comme la théorie de la calculabilité. Ces étudiants diraient que ce qu'ils veulent, c'est faire du traitement de textes et autres applications de l'informatique, pas suivre un cours d'informatique théorique fondamentale. Et ils auraient raison.

Par ailleurs, lorsque des étudiants étrangers viennent suivre des cours en français en France, personne ne déplore que la langue qu'on y emploie est un français contemporain et non la langue de Rabelais ou de Montaigne... que les dits étudiants seraient en général incapables de lire.