Ces réactions peuvent se résumer par « c'est bien fait pour Rémi Mathis, vous n'aviez qu'à obtempérer à la demande ». (*)

Rémi Mathis n'est pas responsable éditorial de la Wikipédia en français. Il n'est ni employé ni dirigeant de Wikimedia Foundation, l'organisation de droit américain qui héberge Wikipédia, à qui la DCRI avait adressé une demande de retrait de contenu. En bref, son seul rapport avec cet article sur Wikipédia est qu'il est président d'une association locale d'utilisateurs et qu'il passe parfois à ce titre dans les médias.

En droit pénal français, nul n'est responsable du fait d'autrui : il n'y a pas de responsabilité pénale collective, on ne peut pas prendre une personne dans un groupe (par exemple : l'ensemble des personnes intervenant sur Wikipédia) et la tenir pénalement responsable de délits qui sont du fait d'autres membres du groupe.

Ces commentaires, me semble-t-il, soutiennent le contraire, selon des principes que je résumerais par : « en matière de sécurité nationale, la fin justifie les moyens » et « la police a forcément raison ». Il me semble que ces principes sont contraire à ceux d'un état de droit.

Bien entendu, je ne dis pas que la France est un régime autoritaire, ou que Rémi Mathis a été maltraité : simplement, je remarque que l'état d'esprit de certains est enclin aux pratiques autoritaires, et je trouve cela inquiétant.

(*) Voir ce tweet par exemple, d'un quidam qui ne se rend même pas compte qu'il parle d'une entité qui n'existe pas (« Wikipédia France »), avec la certitude typique des militants politiques. Il est d'ailleurs troublant qu'une personne qui exerce des responsabilités au sein d'un parti politique ne semble pas comprendre que Wikipédia en français s'adresse à l'ensemble de la francophonie et non à la seule France, et que celle en anglais ne s'adresse pas seulement aux États-Unis.

Il y a aussi des réactions qui se résument par « c'est bien fait bande de méchants, vous n'aviez qu'à pas supprimer mon article ».

PS : Un billet québécois sur cette affaire.