J'ai des collègues (hommes ou femmes) qui argumentent que la terminologie non sexiste est la première, et d'autres la seconde. Ces débats sont naturellement passionnants pour ceux dont c'est le métier que de s'intéresser à la linguistique, mais n'avancent guère la situation de celui qui doit rédiger son courrier — dans lequel le nom du poste occupé n'est qu'un élément très secondaire, mais qui a malheureusement le potentiel de vexer celles et ceux qui ont un avis très arrêté sur la question ; un peu comme savoir s'il faut dire « Linux » ou « GNU/Linux ».

Le problème est moins délicat concernant les chercheurs des EPST : « directeur de recherche » se féminise naturellement en « directrice de recherche » ; « chargé de recherche » donne « chargée de recherche ». Par ailleurs, on dit sans peine « professeure des universités ». D'ailleurs, les maîtres de conférences sont bien les seuls enseignants titulaires, ou presque, qui ne sont pas qualifiés de « professeurs »... Quant aux « moniteurs », le terme évoque déjà tellement la colonie de vacances qu'il n'y a aucun inconvénient à dire « monitrice ».

Dans la vie courante, le problème est réglé en disant « maît'de'conf » ou en abrégeant en MdC ou MCF ; je n'avais donc guère d'élément de référence. On m'a adroitement suggéré de tourner la phrase en parlant de « maîtrise de conférence », mais je soupçonne que dire « élever à la maîtrise de conférence » n'ait un air guindé et suranné, un peu comme dire « briguer le décanat » pour « être candidat à la direction de l'UFR ».

Au final j'ai mis « maîtresse » et basta.