Puisque les juristes se mêlent de parler (ex officio, qui plus est) de psychologie de l'enfant, je ne vois pas pourquoi je me priverais de parler de droit constitutionnel.

Il me semble que nous aurions un débat politique bien plus serein sur des textes « sociétaux » (*) comme le « mariage pour tous » si l'on procédait ainsi : une commission spéciale (**) sera tirée au sort parmi les électeurs et étudiera le texte, avec l'assistance de fonctionnaires des assemblées parlementaires.

Ceci éviterait tant les difficultés des référendums (difficulté pour discuter de textes techniques que presque personne ne lira, dérive plébiscitaire où ce n'est pas un texte qui est rejeté, mais le gouvernement qui le présente, obligation de réponse binaire et impossibilité d'amender le texte) que celles des assemblées représentatives élues (cirque où l'on cherche à se montrer et non à discuter). Qui plus est, tandis qu'il est facile d'attaquer la représentativité des élus politiques (la plupart provenant de couches sociales privilégiées, adoubés par des appareils de partis...), celle d'une telle commission serait bien plus éclatante.

Bien évidemment, il y aurait des coûts. N'est-ce pas l'occasion de se pencher sur le rôle du Conseil économique, social et environnemental, et sur les économies que pourraient procurer sa suppression et celle des conseils économiques et sociaux régionaux ?

(*) Par opposition, par exemple, au budget, qui est très technique et fixe de fait la politique gouvernementale. Je voudrais éviter la situation de certains états américains, où des référendums successifs ont à la fois imposé des dépenses et limité des recettes...

(**) Au sens de : spécifique à chaque texte, par opposition à une assemblée permanente et qui étudie des textes multiples.