Le pipeau pour tous
Par David Monniaux le mardi, mars 12 2013, 10:38 - Société - Lien permanent
Dimanche dernier, au marché, je fus à trois reprises au moins abordé par des jeunes femmes de « la Manif pour Tous », qui tenaient à me munir de leur tract. Touché par pareille attention, je voudrais faire un petit commentaire des messages portés par celui-ci, et plus généralement par ce mouvement opposé au projet de mariage des personnes de même sexe.
L'envers de l'imprimé comporte le slogan « Libérons la démocratie de la pensée unique ». Qu'entend-on habituellement par « pensée unique » ? Il s'agit des faits (du moins, de ce que l'on présente comme tels), des opinions, des idées, des options, des conclusions que l'on présente comme allant de soi dans les médias, sans laisser la place aux autres, ou du moins en leur réservant une attention limitée empreinte de commisération. Il ne me semble pas, en l'espèce, s'agissant de l'extension du mariage aux couples de même sexe, qu'il y ait eu pareil phénomène : les opposants à cette mesure ont pu publier des tribunes, s'exprimer à la radio, à la télévision. Qu'on en prenne comme témoin le phénomène « Frigide Barjot », passée de l'insignifiance à la célébrité (*) : n'a-t-elle pas eu amplement l'occasion de faire part de ses opinions au public ? Je suis d'ailleurs prêt à parier que sur ces questions de bien-être de l'enfant, il y a des psychologues, des sociologues, qui ont mené des recherches difficiles, et qui n'auront pas accès aux médias !
L'envers du document commence par ce slogan choc « Mariage et adoption pour tous = PMA (procréation médicalement assistée) + GPA (gestation pour autrui) pour tous ! ». Or, sauf erreur de ma part, ni la « PMA » ni la « GPA » ne sont mentionnés dans le projet de loi, et tous les parlementaires que j'ai entendus s'exprimer sur le sujet se sont montrés opposés à la « GPA ». S'agit-il donc d'une invention malhonnête de la part des organisateurs de la « Manif pour Tous », ou de l'annonce d'une « pente savonneuse » qui ne pourra que mener inéluctablement au trafic et à la vente d'enfants, comme suggéré par une ligne plus bas s'opposant à la « marchandisation de l'humain » ?
J'avoue par ailleurs une certaine perplexité quant au slogan mis en exergue « On veut des emplois, pas de la loi Taubira ». On peut certes reprocher aux responsables politiques leurs priorités, mais pareil raisonnement ne tient que si une ressource rare (argent, énergie des services ministériels...) est mobilisée par un projet d'intérêt douteux ou secondaire tandis que des problèmes plus importants ne sont pas traités. Or, le mariage des couples de même sexe n'aura que peu d'impact financier : comme le disent eux-mêmes les organisateurs de la « Manif pour Tous », il s'agit d'une mesure concernant une minorité de la population, certains prétendant même que les homosexuels ne voudraient pas de cette mesure. Les frais occasionnés par la célébration de ces mariages et les divorces associés semblent négligeables devant la moindre mesure du type « changement du taux de la TVA » ; quant aux effets sur l'impôt sur le revenu, ils existent déjà avec le PACS. On ne peut pas non plus prétendre que les services du Ministère de la Justice feraient mieux de s'occuper de l'emploi et de la croissance : ce n'est pas de leur compétence ; malgré les prétentions de certains, l'emploi ne se décrète pas.
L'iconographie proposée par les organisateurs de la « manif pour tous » peut nous fournir quelques éléments d'explication. On y voit notamment l'image d'un ouvrier casqué, debout fier devant son usine, proclamant le slogan « La priorité c'est Aulnay, pas le mariage gay ». J'y vois l'opposition affichée entre les valeurs du vrai peuple, incarné par le travailleur manuel, et un milieu urbain favorisé, « bobo », censé être le seul soutien de ce projet de loi ; il n'est peut être pas anodin que l'on mette en avant un ouvrier manuel, dans une industrie (la métallurgie, l'automobile) réputée « virile », en jouant peut-être sur le cliché de l'homosexuel efféminé, garçon coiffeur ou travaillant dans les milieux de la « création ». C'est un vieux code populiste et réactionnaire : jadis, on opposait la ville corrompue à la terre, qui « ne ment pas » ; maintenant l'ennemi est le « bobo ». Pareil argumentaire paraît toutefois assez curieux de la part des milieux d'où émane ces tracts : Frigide Barjot était plutôt connue pour sa fréquentation des milieux « branchés » de la capitale et des médias que pour son soutien aux ouvriers ; quant aux jeunes femmes de mon marché, elles ne me semblaient provenir des milieux ouvriers ou défavorisés. Là encore, c'est une vieille ficelle politicienne que des gens prétendent parler au nom du bon sens populaire alors qu'ils n'ont absolument rien de populaires eux-mêmes — il est bien sûr facile de se laisser prendre par les clichés, mais les porte-parole de la « Manifs pour Tous » me semblent plutôt BCBG... (**).
Passons sur le slogan opposant croissance économique et mariage homosexuel (« pas de croissance sans égalité devant la naissance ») : étant donné l'absence totale d'argument, il est difficile de commenter, si ce n'est en faisant remarquer qu'une rime n'est pas un raisonnement.
Finissons par l'identification de la loi à la personne de Christiane Taubira. Une illustration proposée aux manifestants a curieusement disparu du site de « la manif pour tous » : elle représentait Christiane Taubira (stylisée, certes, mais parfaitement reconnaissable), énervée donnant la fessée à un enfant avec un Code civil. L'image donnée est celle d'une excitée voulant imposer ses lubies à la population. Or, l'ouverture du mariage aux couples homosexuels figurait aux programmes officiels du Parti socialiste et de François Hollande, à une époque où l'on ignorait que Mme Taubira deviendrait Garde des Sceaux !
Au final, tout ceci est un salmigondis de récupérations diverses sans grande cohérence logique : iconographie inspirée des affiches de Mai 1968, préoccupations envers les ouvriers complètement déplacées de la part de milieux qui les laissent habituellement à leur sort, slogans catastrophistes sur la destruction de la société (qui, d'ailleurs, aurait déjà dû intervenir avec le PACS)... On attendrait mieux.
(*) Je connaissais pour ma part « Frigide Barjot » comme étant l'épouse du chroniqueur mondain « Basile de Koch », frère de l'animateur « Karl Zéro », évoluant dans des milieux très droitiers, et publiant diverses parodies potaches : on se rappellera ainsi que Frigide Barjot chantant « Fais-moi l'amour avec deux doigts ».
(**) Parmi ces porte-paroles, le maire du Chesnay, banlieue de Versailles, revenu fiscal annuel des ménages médian 31112€ en 2010, à comparer avec Aulnay-sous-Bois 15177€. Pour mémoire, Corenc, la commune la plus chic de l'agglomération grenobloise, est à 34990€ et Paris à 25044€.
Commentaires
Moi aussi j'ai été abordé par de jeunes mères de famille BCBG (c'est mon quartier qui veut ça). Le tract est consternant.
Tu te donnes bien du mal. L'accusation de pensée unique, c'est le point Godwin de la politique, la marque d'infamie qui permet de se passer de chercher des arguments: je suis un pauvre libre-penseur incompris, les moutons c'est les autres, y'a même plus moyen d'étaler son ignorance et déverser sa haine sans se faire museler par les bien-pensants et bla bla bla.
Parce que bon, se faire taxer de pensée unique par des gens qui prônent "que c'est comme ça depuis toujours épi c'est tout" (ce qui est faux, soit-dit en passant), "que c'est les lois de la nature épi c'est tout" (à ma connaissance, l'homo sapiens est la seule espèce sur Terre à pratiquer le mariage), ça se pose là.
Je ne sais pas si le tract a été mis à jour, mais celui que je vois annonce fièrement « Non à la filiation-fiction ». Ces gens sont donc apparement contre l'adoption, que ce soit pour des couples du même sexe ou de sexe différent. Je ne sais pas si c'est vraiment assumé, mais au moins c'est cohérent.
L'accusation de pensée unique vient tout simplement de ce genre de réaction dans les médias, de la part des journalistes ou autres "leaders d'opinion" (autrement dit, tout ceux connus à qui ont demande leur avis sur tout et rien)
"le mariage pour tous, on ne peut qu'être pour"
"je suis pour, évidemment"
"être contre, c'est comme être pour l'esclavage".
Effectivement, Frigide Barjot est passée de l'insignifiance à la célébrité, sachant que manifestement, ses opinions sont partagées par au moins une forte minorité des français.
Pensée unique quand les partisans du mariage gay traque la moindre dérive possible dans les manifs pour essayer de les décrédibiliser (allez, une petite provoc des Femen.. ), alors que c'est sûr, des slogans aussi fins que "la sodomie, ça ouvre l'esprit", c'es tgénial!!
Et le "épicétou" s'applique tout aussi bien aux partisans du mariage homosexuel, dont les arguments se limitent à "il faut petre moderne, il faut l'égalité, si vous êtes contre vous êtes un homophobe et c'est mal".
L'accusation de pensée unique, c'est les ministres qui hurlent aux loups quand un responsable de l'enseignement catholique appelle à ouvrir le débat sur le sujet dans les établissements de l'enseignement privé, quand les mêmes appellent à "changer les mentalités par l'intermédiaire de la jeunesse". 2 poids 2 mesures?
Pensée unique quand ce projet de loi est voté "parce que c'est dans le programme du président épicétou", alors que la plupart des autres mesures soient en se feront pas, soient ont été dénaturées (le contrôle des banques? La loi a quasiment été écrite par ces dernières...)
Pensée unique quand les "débats" à l'Assemblée en commission ont tourné quasiment au sens unique, les militants choisissant eux-même leurs "opposants" (il paraît qu'aucun juriste n'est contre le projet de loi, ce qui est faux), que quand les religions sont interrogées, ça tourne au réquisitoire (avec le point d'orgue d'Alain Tourret en appelant à l'Inquisition pour discréditer les catholiques). On peut parler de débat. On peut aussi dire qu'il y a eu discussion à sens unique.
Alors, pensée unique? http://laplumedaliocha.wordpress.co...
Non, c'est vrai, pas de pensée unique quand on n'a que le droit d'être d'accord!!
La PMA et la GPA ne sont pas dans le projet de loi? Pourtant, c'est annoncé dans un autre projet, sauf que, malheureusement, on est obligé de par la loi de faire d'abord appel au conseil consultatif de bioéthique. Et un certain nombre de partisans auraient bien voulu que ça soit dans ce projet de loi, dont les associations LGBT, au nom du "désir d'enfant". Sauf que je suis désolé, mais l'enfant n'est pas un droit. Et ça, un certain nombre l'a un peu oublié, l'adoption existe, mais le but n'est pas de fournir des gamins à des gens (j'allais dire couples, mais elle est actuellement autorisée pour les célibataires, ce qui pour moi est une connerie), mais de permettre à des enfants n'ayant plus de parents pouvant s'en occuper une famille. Il faudrait peut-être arrêter d'inverser les priorités!!!!
Alors oui, il y a un certain nombre de problèmes pour les homosexuels (patrimoine en commun, devenir après le décès,..), mais à mon avis ce projet de loi crée plus de problèmes qu'il n'en résoud.
résou*t* (désolé, déformation professionnelle).
Cher Nono,
Au sujet de la pensée unique, j'ai une anecdote personnelle à raconter. En 2007, des étudiants de l'Institut d'études politiques de Paris rédigeaient, sous la supervision de leur enseignant Pierre Assouline, une sorte d'étude au sujet de Wikipédia. Il ne s'agissait pas d'un mémoire ou rapport au sens universitaire normal du terme (qui suppose une validation par un jury ou du moins des chercheurs ou enseignants-chercheurs qualifiés), et encore moins d'un travail publiable dans une revue de recherche ; j'avais d'ailleurs relevé de nombreuses inexactitudes et maladresses. Malgré cela, de nombreux organes de presse ont tous parlé d'une « étude de Sciences-Po » sévère contre Wikipédia. C'était, si je me rappelle bien, un lundi : divers journaux, magazines, médias radio/tv parlaient de cette étude, dont on leur avait transmises les « bonnes feuilles », mais qu'ils n'avaient pas lue. Et pour cause ! Quand j'ai demandé l'étude en question à ses auteurs, afin que l'association Wikimédia France puisse préparer une réponse, il m'a été répondu qu'elle n'était pas encore prêt ; l'autre hypothèse est que les auteurs de cette étude voulaient agir en traîtres en nous empêchant d'avoir accès au document afin de ne pas pouvoir réagir efficacement à celui-ci (il ne nous a effectivement été transmis qu'une fois l'agitation un peu retombée). Cela n'empêchait pas les médias de commenter et de reprendre. En face, nous étions une pauvre association dont les bénévoles étaient sommés de réagir à un document que nous n'avions pas — du style demande à 10 h pour une réaction utilisable à midi.
C'est cela, la « pensée unique » : tout le monde ou presque répète la même chose, sans trop d'ailleurs réfléchir aux présupposés, et ceux qui pensent différemment n'ont pas la parole (ou si peu : on ne reprend pas leurs arguments les plus importants, ou les coupe, etc.), sont mis en accusation, décrits comme des originaux, des inconscients, des crétins ou que sais-je encore.
Dans le cas du « mariage pour tous », il me semble qu'au contraire les opposants ont eu abondamment la parole : à l'Assemblée nationale (avec notamment de très nombreux rappels au règlement qui n'en étaient pas, et des amendements qui parfois étaient grotesques), dans les médias, dans la rue. De parfaits inconnus ou presque, à la tête d'associations improbables, sont passés dans les TV et les radios. Des tribunes ont été publiées dans les grands journaux nationaux.
Je vous accorde qu'il y a eu parfois des propos vifs, voire caricaturaux, et que sur ces matières on n'est jamais loin d'évoquer le nazisme et l'Inquisition (Mike Godwin est toujours surpris de la popularité de sa « loi » et du « point Godwin » en France). Il me semble qu'il y a eu cela dans les deux sens : quand les uns accusent les autres de vouloir détruire la société ou la civilisation (la Grèce antique qui se serait effondrée en raison de la tolérance de l'homosexualité), quand on lie homosexualité et pédophilie, on n'est plus non plus dans le registre de l'argumentation modérée, mais de la provocation. À chaque provocation des uns (par exemple les FEMEN) répond une provocation des autres. Au final, on n'a pas un vrai débat... mais on n'a pas non plus la « pensée unique ».
Là où, en revanche, il y a à mon avis « pensée unique », c'est sur la façon de gouverner la France. L'horizon indépassable des commentateurs politiques, c'est qu'il y a des élections, et qu'ensuite des représentants décident pour nous de tout, quel que soit le sujet (et on sait bien qu'un parti majoritaire à l'Assemblée nationale passera ce qu'il veut). Ce que vous dites, c'est que le fait que François Hollande ait été élu par une majorité, et que la gauche ait obtenu la majorité à l'Assemblée nationale, ne lui donne pas forcément mandat pour toute réforme ; et en effet, il est parfaitement raisonnable que l'on puisse vouloir élire un gouvernement pour sa politique économique sans pour autant vouloir ses réformes du droit familial. Mais voyez la pensée unique : quand par exemple mon collègue Yves Sintomer, professeur de sciences politiques, évoque la possibilité de tirer des représentants au sort, passe-t-il dans les médias ? Au mieux, on l'invite dans un séminaire que personne ou presque ne regardera. Convenez que « Frigide Barjot » a joui de plus d'égards.
(NB: Je m'exprime ici sur la forme du débat, à savoir « est-ce qu'il y a eu réellement un débat escamoté et préempté par la pensée unique », et non sur son fond, à savoir : « la réforme envisagée est-elle ou non positive ».)
Désolé, à l'Assemblée, il n'y a pas du de débat:si vous considérez qu'un débat en séance publique où la majorité ne s'exprime pas pour ne pas perdre du temps est un débat, libre à vous.
Pour le reste, l'article que vous citez sur les "provocations" est très significatif je trouve: aucune réponse sur le fond (on se gausse de "l'ouverture à la porte ouverte à l'adoption", alors que oui, l'adoption est un des sujets du projet de loi, et loin d'être anodin), décrédibilisation des arguments (celui de Frigide Barjot sur l'hédonisme individuel: et oui, quand le seul argument des pro-mariage gay est "pourquoi empêcher 2 personnes qui s'aiment de se marier", effectivement, il me semble qu'on est en droit de se demander s'il ne faut pas aussi ouvrir le mariage aux polygames qui s'aiment, ou autres. Mais c'est mal de discuter sur le fond)
Quand aux idées d'Yves Sintomer, ce n'est pas une idée qui n'apparaît pas, je l'ai déjà entendue. Mais gageons qu'il y a peut-être moins de personnes pour défendre une représentation par tirage au sort que sur d'autres sujets...
Comme vous, je discute sur la forme, et je ne trouve pas qu'il y ait eu un débat digne de ce nom: il me semble que le projet de loi est arrivé déjà écrit, qu'il n'y a pas eu de débats (autres qu'internes au gouvernement et à l'administration) pour l'écrire (ce qui est pourtant fait dans d'autres domaines: cf Aliocha), et qu'il y a suffisamment de personnes (dont des juristes) pour dire "attention à ne pas aller trop vite, les conséquences d'un tel texte ne sont pas du tout anodine" (cf http://www.dalloz-actualite.fr/revu... ).
Alors oui, effectivement, des opposants au mariage homosexuel ont eu le droit de s'exprimer. Mais on ne peut pas dire, honnêtement, qu'il y ait eu un **débat**
@Nono: Il y a eu un débat dans les médias, alors que sur d'autres sujets (pour un sujet peu grave, voir mon anecdote) il n'y a même pas cela : la cause est entendue d'avance. En revanche, je vous l'accorde, les débats parlementaires, lorsqu'un texte est soutenu par la majorité, il n'y a pas vraiment de « débat » au sens usuel du terme : la majorité (sauf quelques trublions) vote les articles qu'on lui dit de voter, l'opposition s'oppose plus ou moins constructivement, et il est rare qu'un amendement d'opposition, même de bon sens, soit adopté.
Vous semblez vous en étonner et penser que cet état de fait est propre au texte sur le mariage. Détrompez-vous : j'ai suivi d'autres débats, notamment les débats DADVSI (y compris des séances dans la tribune de l'Assemblée)... c'est pareil ! Je me rappelle de Christian Paul faisant un joli exposé pédagogique devant les bancs désertés de l'Assemblée, avec en face les quelques députés compétents sur le texte plus quelques uns là pour « faire le compte »... Pareil exposé est là pour le compte-rendu des débats ou la diffusion vidéo, pas pour les autres parlementaires, qui suivent les consignes de groupe.
Bref, je vous l'accorde, il y a eu un débat dans les médias mais pas de vrai débat à l'Assemblée. Les torts me semblent partagés : l'opposition parlementaire a joué de tactiques d'obstruction et de refus du débat (rappels au règlement à répétition qui n'avaient aucun rapport avec le règlement, amendements fantaisistes), ce qui ne donne effectivement pas envie de leur opposer des arguments construits. Tout ceci donne une image déplorable de la démocratie représentative élective, qui ressemble alors à un spectacle donné à l'usage de tel ou tel groupe partisan.
" J'avoue par ailleurs une certaine perplexité quant au slogan mis en exergue « On veut des emplois, pas de la loi Taubira ». "
C'est bizarre venant de milieu de droite, qui devraient craindre l'activisme économique grotesque d'un gouvernement socialo dont un ministrion s'est permis de tancer un chef d'entreprise qui certes avait échoué, mais qui avait essayé de maintenir de l'emploi en France (PSA), et dont la valeur du capital a beaucoup diminuée. On dit que les gesticulations Montbouriennes font énormément de tort à l'image de la France chez les patrons étrangers, déjà affaiblie par les mouvements sociaux violents et les prises en otage de dirigeants.
On ne peut pas d'un coté se féliciter de la quantité d'investissements étrangers en France (incluant ceux qui rachètent une boite pour récupérer le savoir-faire et les brevets et délocaliser la production), et de l'autre menacer de nationaliser l'aciérie de Florange - ce qui de toute façon n'est pas faisable.
En toute logique la droite devrait espérer que le gouvernement ne fasse plus rien en matière d'intervention économique pendant le reste du mandat.
" rappels au règlement à répétition qui n'avaient aucun rapport avec le règlement "
Je mets parfois la chaîne 13 en musique de fond quand je fais autre chose (en mode time-sharing cela prend très très peu de temps de cerveau), et j'ai observé que les rappels au règlement ne contiennent quasiment jamais un rappel d'un point du règlement : c'est généralement une tirade sur la catastrophe que représente le projet de loi discuté et plus généralement le gouvernement au pouvoir.
Les parlementaires se moquent ouvertement de la procédure parlementaire.
Les "débats" sont navrants.
Pendant la mandature précédente, la moitié des interventions en assemblée l'opposition se contentaient de parler de l'hyperprésidence et du fait qu'on parlait trop de Sarkozy (alors que c'est eux qui en parlaient sans arrêt). L'opposition a été nulle pendant 5 ans et ça se sent maintenant.
Mais quand d'aventure une question précise et pertinente était posée par l'opposition, le représentant du gouvernement sortait une réponses méprisante de son bréviaire d'insultes (style : "vous êtes des gauchistes abrutis qui veulent faire sortir toutes les crapules des prisons" - alors que c'est la droite qui a pratiqué cette politique de vidage des prisons).
De toutes façon, les échanges en commission permettent de mesurer la stupidité incroyable des élus. Ils ont fini par s'abrutir eux-même à faire de répéter des slogans bébêtes. Je pense que l'intelligence finit par baisser quand on s'adresse à des cons, et les politique s'adressent à des cons (pas forcément l'ensemble des français, juste leurs supporters endoctrinés).
"étant donné l'absence totale d'argument, il est difficile de commenter, si ce n'est en faisant remarquer qu'une rime n'est pas un raisonnement"
J'ai envie de devenir une groupie et de monter un fan club sur skyblog pour cette phrase.