La RAND Corporation était, dans les années 1950, le temple de la « recherche opérationnelle », c'est-à-dire de l'art de la science de prendre des problèmes d'optimisation (d'allocation de ressources, de placements de troupes, de circulations, etc.) et de les reformuler d'une façon qui permette leur résolution par ordinateur.

Ce qui est amusant, c'est que ces approches supposaient généralement un planificateur centralisé et omniscient. Or, à l'époque, c'est la guerre froide : on opposait la vitalité de l'économie de marché américaine à l'immoblisme du centralisme soviétique, et RAND était un think tank au service du Département de la Défense (et plus particulièrement de l'Armée de l'Air). Piquant de constater qu'on « vendait » aux militaires cette planification centralisée que l'on dénonçait dans l'économie !