Certains parlementaires de droite et de centre-droit, dont Jean Dionis du Séjour, s'opposent bruyamment à la suppression de la journée de carence dans la fonction publique. Examinons quels peuvent être leurs motifs.

Il semblerait choquant que l'on sanctionnât les travailleurs malades : on ne choisit pas d'attraper un virus, ou de se fouler une cheville ; c'est même une expérience plutôt désagréable et dont on se passerait bien, en général. Certains commentateurs se félicitent que la suppression du jour de carence ait pu diminuer les absences dans la fonction publique hospitalière : on ose pourtant espérer qu'ils n'encouragent pas les malades à venir travailler dans des hôpitaux, pour des raisons évidentes de salubrité publique.

S'il ne s'agit pas des malades, c'est qu'il s'agit d'absentéisme : de personnes qui pourraient travailler, mais à qui des médecins établissent des « arrêts-maladie », sinon pleinement de complaisance, du moins exagérant la gravité réelle du problème et l'incapacité à travailler. Autrement dit, il s'agit d'une faute ou du moins d'une erreur du médecin. Qui plus est, pour que les mesures évoquées aient un impact non négligeable, il faut que ces certificats de complaisance soient largement répandus, ce qui implique donc, toujours en admettant le raisonnement de ces parlementaires, que les comportements indélicats soient répandus dans la profession médicale.

J'ai cru comprendre que les médecins votent majoritairement à droite (mais peut-être est-ce un cliché). J'aimerais donc que les parlementaires de droite qui dénoncent l'absentéisme dans la fonction publique aient la franchise d'expliquer à cette partie de leur électorat qu'il y a chez eux beaucoup de laxistes, voire d'escrocs. Je me demande si cela aurait autant de succès que de blâmer « les fonctionnaires ».