En Allemagne, il est possible de s'adresser à des agences spécialisées pour faire rédiger des travaux universitaires : on passe commande d'un texte pour dans trois mois pour une somme assez importante, mais tolérable pour le public visé (apparemment cadres supérieurs, politiciens, etc.). Par ailleurs. plusieurs politiciens ont dû admettre avoir plagié ou sous-traité leur thèse de doctorat.

Selon mon expérience de la recherche, il est impossible (*), en si peu de temps, de se mettre à niveau dans un nouveau domaine scientifique (et même ne serait-ce que de lire et comprendre des ouvrages de référence) de produire de la recherche originale, et de rédiger 200 pages, le tout sans aide. La seule hypothèse qui me vient à l'esprit est que ces « thèses » sont en réalité une succession de platitudes plus ou moins inspirées de la lecture d'ouvrages et d'articles préexistants, et que les jurys ne « grattent » pas vraiment sous la surface du texte et n'interrogent pas sérieusement les candidats à l'oral.

Il est cependant possible que mon expérience ne s'applique pas aux cas de figure évoqués, puisque le « nègre » interviewé travaille, en Allemagne, « en droit, en science politique, en gestion d'entreprise, en histoire de l'art et en sociologie ».

(*) Ou alors, pour des gens du calibre de Paul Erdős ou Stephen Smale, mais ils sont sur un autre plan d'existence. Et encore, on dit qu'Erdős avait les idées, mais sous-traitait la mise en forme et la rédaction à ses co-auteurs.