Je le note
Par David Monniaux le lundi, février 11 2013, 14:00 - Société - Lien permanent
M. Le Foll, ministre de l'agriculture, affirme avoir découvert la complexité des circuits de la viande en Europe avec l'affaire du cheval passant pour du bœuf.
Mme Fioraso, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, a remercié le prix Nobel de physique Serge Haroche de lui avoir rappelé les faibles salaires d'embauche des jeunes chercheurs et enseignants-chercheurs en France.
Commentaires
Bonsoir,
Dans la caverne "Réalité", certains voient mieux que d'autres : cela relève du don... et d'une somme parfois très importante de travail (comme celui de toute une vie).
le salaires à l'embauche sont trop faibles dans les sections soumises à la concurence du privé, comme l'informatique, ou on a vite fait d'aller bosser à la R&D d'une boite qu'à trop la classe, voire chez google.
on peut y exercer son métier en ayant l'impression de travailler pour le bien public, apprendre en travaillant, bien gagner sa vie.
dans d'autres domaines, il n'y a aucune concurence du privée, et les gens (au hasard, moi) sont prets a acepter un poste pour 1500€/mois net si on promet vaguement que d'ici me spremiers enfants il sera plus élevé, à condition qu'on me laisse mener mes recherches.
mes collègues sont dans la meme situation. qu'ils soient agronomes, économistes, ou qu'ils bossent sur l'eau, les ressources halieutiques, les forêts, la biodiversit, c'est la même chose: les alternatives à la recherche, c'est faire des boulots chiants à mourir en bossant pour des zombies mangeur de cerveaux. en gros, il y a des grandes institutions internationales, dans lesquelles on a souvent l'impression que le but c'est de faire plaisir aux hommes politiques qui ne connaissent strictement rien à la recherche dans notre domaine, et qui sont bloqués sur des vagues résultats vieux de 40 ans. genre privatiser l'eau, faire des mesures d'austérité, ce genre de trucs. c'est très bien payé. moi je préfère sincèrement bosser pour google ou capitaintrain.com, et pourtant j'ai arrêté l'informatique il y a 4 ans.
et ben nous, on va pas des salaires plus élevés (on veut bien, hein): la priorité c'est plus de postes.
le cnrs recrute genre 1 économiste de l'environnement tous les 3 ou 4 ans je crois.
d'ailleurs, je ne pense pas qu'au CNRS on puisse faire dans le détail comme ça. genre le budget augmente de 20%, utilisons le pour augmenter de 20% le salaire en info, et de 20% le nombre de postes en maths, en physique fonda, et dans toutes les disciplines de sciences humaines ou sociales.
pourquoi ne pas séparer les sections appliquées du cnrs, les rattacher à d'autres instituts genre inria, cea, lesquelles payeraient des salaires plus élevés et seraient financés en partie par els nombreux contrats de recherche avec le privé que les branches plus applicables génèrent facilement ?
et je voudrais juste préciser que j'entends toujours l'historie suivante:
"le prof machin fait passer des concours de CR2, pour un poste il avait 15 dossiers de gens meilleurs qui lui à leur age"
donc des candidats, dans nos domaines, on en a, et de qualité. Ils ne sont pas rebutés par le salaire.
@avs
dans mon domaine, j'ai le problème inverse. Peu de candidats (dernier recrutement 19 dossiers), peu de recrutables (7 convoqués), 2 qui nous informent qu'ils seront présents et au final ... personne.
Je suis de la section méca, pourtant en crise, mais nous avons maintenant un pb évident de salaire d'embauche.
Je crois l'avoir déjà dit ici mais il y a 8 - 10 ans, nous avons recruté 3 MC en septembre. Fin février, ils étaient tous partis ! à l'un d'eux, j'avais demandé pourquoi il quittait la FP (et ses avantages), il m'avait répondu : "j'ai une proposition à 4000€/mois net d’impôts alors ..."
Gérant le service technique méca du CNRS de mon secteur, lisez cet article et vous verrez que le problème des CR ou des MC n'est que général dans ce domaine http://www.leprogres.fr/economie/20...
sur le lien (assises de la recherche) je vois : "reçoit royalement 1750 euros nets, quelques 500 euros de plus que le Smic".
1)Le smic est plutôt de 1100 euros net par mois.
2) Le premier echelon est effectivement à 1750euros, mais avec les reconstructions de carriere (au minimum une these, souvent monitorat/post-doc) , le premier salaire est autour de 2000euros ...
Après on pourrait discuter pour savoir si c'est suffisant ou pas ... D'apres http://www.inegalites.fr/spip.php?p... 2000euros c'est plus que 2/3 des gens. C'est sûr que c'est sûrement moins qu'une grosse partie des gens à "niveau d'étude equivalent", mais s'il y a autant de candidats c'est sûrement qu'il y a des avantages autres que salaire (sécurité emploi, métier interessant, flexibilite des horaires et autre ....)
@Ctpjano je ne doute pas un instant que dans d'autres filières que la mienne les gens préfèrent exercer ailleurs, notamment pour des métiers dans lesquelles des alternatives existent (de mon point de vue "méca" c'est vague, mais j'imagine qu'aller bosser chez tefal ou dans une écurie de F1, ou chez un constructeur de pales d'éoliennes qui font pas de bruit, pour 3 fois le salaire, c'est intéressant)
je dis juste que comme il y a aussi des filières pour lesquelles le problème c'est plutot le nombre de postes que leur rémunération, il faut essayer d'avoir un discours moins "manichéen" (j'ai pas pris le temps de chercher un synonyme) quand on parle des problèmes du cnrs.
d'après mois il faudrait faire deux choses:
-augmenter les salaires dans les domaines ou la concurence fait qu'il n'y a pas de candidats
-augmenter le nombre de postes dans ceux ou tout le monde se bouscule avec 5 publies dans des revues de rang international quand s'ouvre 1 poste de MC en banlieue lointaine à 1700 nets (on parle de gens passionnés par la recherche, pas forcément l'enseignement)