Un effort louable pour la parité : le cas de l'informatique au CNRS
Par David Monniaux le jeudi, décembre 20 2012, 10:23 - Recherche scientifique - Lien permanent
Les chercheurs du CNRS sont évalués par les sections du comité national de la recherche scientifique (CoNRS), qui comprend à la fois des chercheurs CNRS et des (enseignants-)chercheurs d'autres organismes, élus ou nommés (l'évaluation des équipes et des laboratoires pris dans leur ensemble est du ressort de l'AERES, mais celle-ci invite des membres du CoNRS dans ses équipes d'évaluateurs). Ces sections servent également de jury d'admissibilité pour les concours de recrutement, et évaluent les chercheurs pour les promotions ; elles sont donc très importantes pour les carrières.
D'après le bilan social du CNRS, 2011, il y a 20% de femmes parmi les chercheurs évalués par l'ancienne section 7 (informatique, automatique, robotique...). En revanche, dans la nouvelle section 6 du CoNRS (il y a eu un redécoupage de l'informatique en deux sections, 6 et 7), il y a 10 femmes pour 11 hommes, dont la présidente de section.
Sans tambour ni trompettes, un effort pour la parité.
(En revanche pas de parité dans la nouvelle section 7.)
Commentaires
En quoi est-ce louable ? Par ailleurs, pourquoi t'intéresses-tu uniquement à la parité entre les sexes, et non aux autres parités (entre jeunes et vieux, ou entre beaux et laids, par exemple ?)
@SB: Comme tu le sais sans doute, il arrive que l'on évoque un biais anti-féminin dans les jurys de recrutement et de promotion, avec comme résultat un déficit de recrutement de femmes et des carrière moins rapides. On a par ailleurs mis en évidence un tel biais pour des recrutements sur dossier en sciences aux États-Unis.
Bien entendu, il serait hâtif de conclure qu'il y a eu des biais anti-féminin dans les recrutements et les promotions au CNRS en informatique. Toutefois, s'il y en a eu, un bon moyen de limiter de nouveaux biais est d'avoir la parité dans le jury (quoique l'étude mentionnée ci-dessus montre que des scientifiques femmes peuvent être biaisées contre les jeunes femmes). Par ailleurs, et c'est à mon avis également important, cette parité permet non seulement d'éviter les biais, mais également de limiter les soupçons et récriminations pour les biais ; c'est important que non seulement le concours ne soit pas biaisé, mais qu'il en ait l'apparence claire.
Tu es passablement obsédé par le soupçon... le soupçon de la fraude électorale, le soupçon du biais de recrutement, etc.
Garder les apparences, ça coute cher. Et comme l'a cruellement souligné SB, ça ne passe pas a l’échelle. Il suffit de multiplier les critères (jeunes / vieux, riches / pauvres, noirs / jaunes / blancs, provinciaux / parisiens, etc.)
Tu n'es pas sans savoir que plus tu ajoutes de contraintes a un problème, moins bonne est la solution optimale qui satisfait toutes les contraintes. Hors a la fin, la performance de l'ensemble est la seule chose qui compte. La raison pour laquelle nous sommes opposés a la discrimination lors du recrutement est que cela prive le système de bons éléments, en d'autres termes que cela nous pousse vers de solutions moins bonnes.
Mais encore faut il éviter de pousser le système dans le travers opposé. La recherche de la parité juste pour la parité nous renvoie dans des solutions sous-optimales. Et l'excuse de l'apparence d’impartialité n'est rien d'autre qu'une mauvaise excuse.