Gérard Depardieu quitte la France et cite son imposition selon lui excessive, produit de la politique fiscale du gouvernement précédent.

J'avoue m'en inquiéter bien moins que du phénomène suivant : quand j'ai un(e) étudiant(e) talentueux intéressé par mes sujets de recherche, la plupart du temps, il ou elle n'envisage pas de rester en France pour une thèse, mais me demande conseil et recommandations pour aller aux États-Unis (et après, je les retrouve éventuellement en Suisse etc.). Il en est de même quand je tente de recruter des post-doctorants : les français, poussés en cela par les politiques de recrutement, veulent aller aux États-Unis ou autres lieux à forte valorisation (Oxford, etc.) et bien évidemment un américain ne viendra pas en France, sauf exception.

Je ne les en blâme pas, tant la politique menée en France en matière d'enseignement supérieur et recherche a suscité inquiétude et confusion (discours sur la médiocrité au plus haut sommet de l'État, réformes bureaucratiques, complication du mille-feuille administratif, et maintenant rigueur budgétaire qui n'ose dire son nom, sans parler des salaires de début de carrière, qui font notamment hésiter à prendre un poste sur Paris).

Une fois que ces jeunes filles et ces jeunes gens seront diplômés de Berkeley ou d'Harvard (pour reprendre l'exemple de deux lettres de recommandation que j'ai récemment signées pour un polytechnicien), croyez-vous qu'ils iront fonder des start-ups en France ?