Inattentions
Par David Monniaux le jeudi, octobre 11 2012, 17:14 - Société - Lien permanent
Marion Maréchal Le Pen à propos du remboursement de l’IVG: « Ce n’est pas à l’État de réparer les inattentions des femmes. »
Dans un pays où le corps médical promeut la pilule (qui peut s'oublier, se vomir, ne pas fonctionner en raison du décalage horaire, etc.) par opposition à des moyens comme le DIU (stérilet), les implants, etc. cette assertion paraît déjà critiquable.
Surtout, j'ignore si Mme Maréchal Le Pen envisage d'étendre cette règle à toutes les conséquences d'inattentions qui coûtent de l'argent à la Sécurité sociale :
- Tu fais de la moto parce que c'est cool et que ça permet de te faufiler dans les embouteillages ? Tu ne remarques pas une zone glissante par terre et tu te vautres ? L'État (enfin, la Sécurité sociale) n'a pas à payer pour tes inattentions. Et puis, tu n'avais qu'à prendre ta voiture ou les transports en commun.
- Tu fais du ski parce que c'est cool ? Tu ne remarques pas un caillou, tu te vautres et tu finis dans le coma ? L'État (enfin, la Sécurité sociale) n'a pas à payer pour tes inattentions. Et puis, tu n'avais qu'à rester chez toi. (Et puis, la réanimation, ça coûte considérablement plus cher qu'une IVG, sans parler de l'hélicoptère du SAMU.)
- Tu fais la cuisine et, inattention, tu t'ébouillantes ? L'État (enfin, la Sécurité sociale) n'a pas à payer pour tes inattentions.
- Tu es une femme âgée et souffrant d'ostéoporose, tu ne fais pas attention à l'huile que tu as versé par terre en faisant la cuisine, tu glisses et tu te casses le col du fémur ? L'État (enfin, la Sécurité sociale) n'a pas à payer pour tes inattentions.
Mais peut-être les journalistes ont-ils mal rapporté la pensée de Mme Maréchal Le Pen.
Commentaires
Cher David,
Vous confondez inattention et imprévisible.
Bien à vous
C'est à l'Etat de s'assurer que sa jeunesse sera élevée dans de bonnes conditions. Un enfant né d'une femme qui souhaitait mais n'a pas pu avorter pour cause de difficultés financières part avec des cartes assez pourries.
@Louis: Nullement. Les accidents que j'ai cités peuvent souvent être empêchés par une observation attentive et l'application rigoureuse de règles de sécurité, certes contraignantes. Le problème est que l'humain normal finit toujours par oublier quelque chose.
Figurez-vous que si dans l'aviation ou d'autres domaines, on fait des « check-lists », c'est parce qu'on ne fait pas confiance à l'attention humaine, qu'on se doute bien que, sans protocole professionnel précis, les gens oublieront quelque chose.
Par ailleurs, votre argument peut être retourné. Les contraceptifs n'ont pas une fiabilité absolue, même utilisés avec attention. Une femme peut vomir sa pilule, un préservatif peut se rompre. Ceci relève de l'imprévisible.
@David : la moto, le ski, la cuisine comportent une part de risque que personne ne peut anticiper/prévoir.
Tomber enceinte, on peut l'anticiper/prévoir ! Est-ce si difficile de responsabiliser les gens ? plutot que de faire payer à tous les erreurs de gens qui refusent de prendre leurs précautions ?
"contraceptifs n'ont pas une fiabilité absolue" : ne tombont pas dans les exceptions svp ;-)
@Louis: Vous semblez partir de l'idée que la contraception est forcément fiable et que tout problème provient donc de l'inconséquence et l'inattention de l'utilisatrice (et jamais de l'utilisateur ?), tandis que les autres accidents sont pur produits du hasard. Ce n'est tout simplement pas le cas. Derrière les accidents de vie courante ou de circulation, il y a souvent un mélange de « pas de chance » et de faute d'inattention ou de manquement aux règles de sécurité.
Si vous déremboursez la prise en charge des accidents des distraits, inattentifs, surmenés etc. ça va faire du monde, sans parler de ceux qui n'ont pas appliqué toutes les règles de sécurité.
Prenons un exemple concret. Une dame âgée de ma connaissance a fait une mauvaise chute en travaillant son jardin alors que, dans son état, on lui avait formellement recommandé de ne pas le faire. On dérembourse ? Parce que, finalement, c'était assez prévisible. Évidemment, il est plus facile de reprocher à une jeune fille qui tombe enceinte d'être une sotte sans cervelle que de reprocher à une octogénaire d'être inconsciente des risques.
Prenons un autre exemple concret. Une autre personne de ma connaissance, qui d'ailleurs a des idées proches des vôtres concernant l'avortement, avait un problème au bras. Son médecin lui recommandait l'immobilité en attendant que ça passe, mais cette personne tenait à faire du bricolage, d'où problème chronique (et consultations, et médicaments, etc.). On dérembourse ? Là encore, allez donc faire la leçon à une sexagénaire.
Par ailleurs, puisque vous parlez du coût pour la collectivité, sans doute à l'encontre de femmes qui subiraient de nombreux avortements : quel serait le coût du placement de ces enfants aux frais de l'État ? En effet, selon votre propre raisonnement, ces femmes sont des inconscientes irresponsables ; peut-on raisonnablement leur confier des enfants à élever ?
Selon ces critères, comment justifier que l'État tolère la circulation de motos, ou accepte d'assurer leurs propriétaires ? Elles sont objectivement bien plus dangeureuses que les voitures, et ne présentent aucun intérêt pratique. Les coûts des accidents de moto sont clairement bien plus élevés pour la société que l'avortement. Alors, on laisse les anciens motards tétraplégiques se débrouiller ?
« "contraceptifs n'ont pas une fiabilité absolue" : ne tombont pas dans les exceptions svp ;-) »
Sans vouloir faire mon Captain Obvious, si l'on parle d'accidents, on va fatalement parler de cas exceptionnels...
@David :
Vos 2 exemples relèvent encore une fois de l'inattention, les personnes que vous citez pensaient etre aptes pour ne pas se blesser. Rassurez vous si un medecin vous interdit de "bouger", il vous oblige à rester hospitalisé.
Pour résumer :
la moto, la cuisine, le ski : la personne tend à s'efforcer de ne pas avoir d'accident (sauf les sucuidaires).
la personne qui fait l'amour sans se proteger, ne s'efforce pas d'éviter de tomber enceinte.
C'est la grande différence....
Sur ce, bien à vous.
Détail sans grand importance mais pour l'accident de ski, l'hélicoptère est-il vraiment à la charge de l'État ?
@Louis03 : pour la route :
Ceux qui causent un accident et se blessent
- alors qu'ils n'ont pas mis leur ceinture qui leur aurait évité les dommages corporels
- alors qu'ils conduisent sous l'effet de l'alcool ou de trop grande vitesse ?
- alors qu'ils prennent la route sans savoir conduire ni avoir le permis
s'efforcent-ils d'éviter de se blesser ? L'état, enfin la sécu, doit-il / elle les rembourser ?
- La femme qui n'est pas au courant des procédures de contraception ou qui ne les comprend pas, peut-elle réellement s'efforcer de ne pas tomber enceinte ?
- Celui qui utilise pour la première fois une machine dangereuse, comme une scie sauteuse ou rotative mais qui n'a pas lu le mode d'emploi, s'est-il efforcé de ne pas se blesser ?
@Louis03: Vous admettez donc que le problème dans ces accidents est l'inattention, ou encore le mauvais jugement à l'égard de ses propres capacités. En quoi est-ce différent de ne pas se rendre compte que l'on gère mal sa contraception ?
Vous semblez croire que les avortements sont tous du fait de femmes qui « ne se protègent pas » volontairement, selon un acte conscient. Or, là encore, il peut y avoir des impondérables (rupture de préservatif, vomissement de la pilule), et des inattentions (oubli de pilule), sans parler de certains problèmes de fiabilité.
Tenez, la sœur d'un ami est tombée enceinte alors qu'elle allaitait son dernier : on lui avait prescrit une pilule micro-dosée adaptée à l'allaitement, et il s'est trouvé que ça ne fonctionnait pas avec elle. Est-ce sa faute ? Est-elle une imbécile irresponsable ?
Quant aux ruptures de préservatif, j'ai entendu plusieurs témoignages autour de moi.
Si vous pensez que c'est facile de ne pas oublier de prendre chaque jour une pilule, je vous réfère à tous ces gens que nous rencontrons quotidiennement qui oublient leurs clefs, leur téléphone portable, leur parapluie etc.
Bref, je ne vous rejoins nullement sur l'opposition totalement artificielle que vous faites entre les accidents (pas de la faute des gens s'ils n'appliquent pas les recommandations de sécurité, s'ils surestiment leurs capacités, etc.) et les problèmes de contraception (où les femmes agiraient forcément consciemment et en connaissance de cause).
@un visiteur: J'ai lu que si c'est dans le domaine des pistes et pris en charge par les secouristes privés, c'est à la charge du skieur et de son assurance, et qu'en revanche si c'est en dehors et pris en charge par le PGHM ou autre secours public, c'est pris en charge par la collectivité. L'accident que j'évoque ici est arrivé il y a une dizaine d'années, et il me semble bien que les règles ont changé entre temps.
@kuk: Et ceux qui conduisent en étant trop fatigués pour le faire en toute sécurité ? Et ceux qui sont distraits pendant la conduite ? J'ai un ami qui a fini au fossé en changeant la station de son autoradio... Aurait-on dû mettre ses éventuels frais médicaux à sa charge, au motif que c'est un accident complètement idiot et facilement évitable si on a vraiment la volonté de prudence ?
@Un visiteur : non ce n'est pas pris en charge par l'etat. C'est pourquoi les stations proposent une assurance complémentaire avec le forfait/CB.
@kuk :
la ceinture, alcool, vitesse, permis... tout les exemples que tu cites ne sont pas pris en charge par l'etat. On t'as jamais dit qu'il etait interdit de conduire sans ceinture sans quoi tu n'etais plus assuré ?? en pratique, face aux irrésponsables citoyens, les assurances cotisent forcé une caisse noire pour couvrir ces problèmes. Mais çà reste une exeptions de la loi !
La femme inculte sera facilement défendue. et tant mieux.
L'apprenti scieur *tend* à ne pas sr blesser (à moins qu'ils soit sucuidaire !)
Bref la bonne foi prédomine,et heureusement !
Bon, si je comprends bien, le problème posé par louis03 est celui des femmes qui employeraient l'avortement comme unique méthode de contraception (« avortement de confort » ?). Il est bien possible qu'il y ait des femmes dans ce cas, mais en l'absence de statistique, il est difficile de quantifier le problème.
Maintenant, je conseille la lecture de
http://fr.wikipedia.org/wiki/Effica...
excercice de statistiques : quelle stratégie pour assurer à une femme phobique de la grossesse qu'elle ne tombera JAMAIS enceinte (l'abstinence n'étant pas une solution acceptable) ? Ca n'est de loin pas facile.
En tout état de cause, à supposer qu'il existe des femmes pour qui l'avortement est « de confort », c'est une minorité tellement infime que le coût social est marginal. Ceci dit, je souscris tout à fait à l'idée de réduire le nombre de femmes incultes, notamment en assurant une bonne éducation sexuelle à l'école et en mettant des moyens de contraception à la disposition gratuite et discrète de tous.
@louis03: Plus généralement, vous me semblez partir du présupposé qu'une femme qui se fait avorter utilise l'avortement comme un moyen de contraception, du type « ce n'est pas grave si je ne me protège pas, je n'aurai qu'à me faire avorter au besoin ». Or, l'avortement n'est pas une partie de plaisir, de l'avis général. On peut donc raisonnablement penser que les cas que vous évoquez sont très minoritaires. Je soupçonne d'ailleurs que vous peineriez à en citer un.
Vous évoquez le cas de la femme inculte qui serait de toute façon défendue. Figurez-vous qu'il m'arrive de lire des histoires de juges des affaires familiales ou de médecin, où l'on voit arriver des femmes qui clairement ne maîtrisent pas leur vie et ont des successions de grossesses non contrôlées, d'où avortements ou placements. Ces femmes ont de toute façon de gros problèmes, sont insolvables et dépendantes d'aides sociales.
Vous semblez donc évoquer un cas totalement artificiel, celui de la femme pleinement en contrôle de sa vie et en mesure de faire des choix éclairés, qui a volontairement des rapports non protégés et sans contraception, et qui règle les grossesses par des avortements qu'elle met à la charge de la collectivité.
En revanche, les accidents que j'ai cités (skieur qui ne fait pas suffisamment attention à la piste devant lui et a un accident fort coûteux, octogénaire qui ne tient pas compte des recommandations et fait une chute dont le traitement impose une hospitalisation coûteuse, sexagénaire qui n'écoute pas son médecin et utilise intensivement son bras, jeune femme qui tombe enceinte sous pilule) sont des cas concrets arrivés dans mon entourage. Pour toutes les personnes à l'exception de la dernière, on aurait pu faire la leçon « vous auriez dû faire attention et appliquer les consignes » et, selon votre raisonnement, ne pas rembourser le traitement.
@Louis03 : Pour la route, tout à fait, je pensais plutôt à des personnes insolvables, sans assurance, qui prennent des risques. Vous les soignez ou pas ?
@kuk, louis03: En ce qui concerne les accidents de la route, la seule assurance obligatoire est celle au « tiers », c'est-à-dire celle qui prend en charge les dommages causés aux autres véhicules et à leurs passagers. Il n'est nullement obligatoire de s'assurer pour les dommages que l'on causerait à soi-même.
Je n'ai cependant jamais entendu parler de Sécurité sociale assurance maladie qui refuserait le remboursement du transport, de la chirurgie et du traitement de conducteurs imprudents ou ivres.
@Louis03: Pardonnez-moi une autre remarque d'ordre général.
Je pense qu'en matière de politiques publiques, il faut se méfier des mesures censées combattre des abus en fait très minoritaires et qui produisent des problèmes pour la grande majorité. Vous dites vous même que la plupart des gens sont de bonne foi ; dans ce cas, pourquoi les traiter comme des fraudeurs ?
@rama :
"en l'absence de statistique, il est difficile de quantifier le problème"
vs
"c'est une minorité tellement infime"
Vous ne seriez pas en train de vous contredire ?
En tous cas, c'est bien cette catégorie que Le Pen vise, et sur laquelle David réagit. Pas les autres. Mais on n'est plus à une contradiction près.
@kuk : je vous retourne la question. (les cas particuliers ne permettent pas d'ériger une loi juste)
@David : Pourriez-vous lire mes commentaires concernant le remboursement de votre entourage car c'est tout le contraire (soupir). Désolé, çà peut paraitre prétentieux de ma part, mais il faudrait pas mal d'explications essentiellement juridiques pour rebondir sur votre point de vue que je n'ai pas le courage/envi d'expliquer. Bonne soirée.
Il me revient à l'esprit le papier "The Impact of Legalized Abortion on Crime", de Donohue ( https://en.wikipedia.org/wiki/The_I... ). Il trouve que statistiquement, la criminalité diminue quand les avortements augment, comme si les avortements tuaient spécifiquement les futurs délinquants. D'où des questions amusantes :
- pourquoi les tenants de la peine de mort tendent-ils à s'opposer à l'avortement ?
- pourquoi les tenants de l'avortement tendent-ils à s'opposer à la peine de mort ? :)
- le coût social de l'avortement devient-il faible, comparé au coût qu'occasionneraient les délits commis, les procédures judiciaires et les peines subséquentes ?
@louis : Ah ah, c'est effectivement mal tourné. Mais non, je ne me contredis pas, parce qu'entre-temps, j'ai fourni des données numériques qui permettent de quantifier l'effet.
On a un fort taux d'échec de méthode répendues: 15% d'échec pour le préservatif masculin, utilisé par 20% de la population ; 8% pour la pilule, employée par la moitié de la population ( http://www.sante.gouv.fr/chiffres-e... ). Ca suffit largement à expliquer les 200 000 IVG. Le cas qui vous préoccupe tant est anecdotique.
@Louis03: Ne le prenez pas mal, mais je ne vois pas ce que vos mystérieuses explications juridiques viennent faire ici.
Vous vous placez sur le plan des politiques publiques, dont vous réclamez un changement au nom de la morale (selon vous, il n'est pas normal que la collectivité paye pour des personnes qui ne font pas assez attention à ne pas avoir d'enfants alors qu'elles n'en désirent pas ; en termes vulgaires « elles l'ont bien cherché »). Je vous fais remarquer que cette règle morale s'applique également à quantité de personnes qui ne font pas suffisamment attention à ne pas avoir des accidents.
Une question morale ne se règle pas à coup d'arguments juridiques. On apprend, je crois, dans les premiers cours de droit que le droit ce n'est pas la morale !
(Enfin, pardonnez moi une petite remarque. J'admet que l'on m'explique que j'ai tort et que je n'ai rien compris ; cela m'arrive forcément. Je tique si l'on me dit que j'ai tort mais que ce serait trop compliqué à m'expliquer, le tout avec un soupir de commisération. Je tique encore plus quand cela émane d'une personne dont les phrases sont volontiers bancales, pleines de fautes de frappe, de grammaire et d'orthographe. Pareilles caractéristiques sont rarement celles d'un juriste compétent ; selon mon expérience, ceux-ci ont plutôt tendance à être pointilleux, voire pédants, en matière de langue française.)
Enfin, encore une remarque. Un trait récurrent dans les assemblées d'associations, copropriété, laboratoire etc. est que quelqu'un va sortir un problème symbolique, provoquant l'indignation, mais d'une importance négligeable dans le budget global, et monopoliser l'attention indûment... empêchant ainsi des questions plus importantes d'être discutées en temps et heure.
On fait pareil en politique. De grâce, si le but c'est de régler nos problèmes budgétaires, avant de se préoccuper du cas hypothétique des femmes qui utiliseraient en toute connaissance de cause l'avortement comme moyen de contraception, préoccupons-nous des grosses masses. Tenez, je lis fréquemment que la France consomme beaucoup plus de médicaments (notamment de tranquillisants et somnifères) que d'autres pays de niveau de vie comparable...
@Rama : merci pour le tableau, effectivement assez impressionnant. Même la pilule bien utilisée fournit un pourcentage non négligeable à grande échelle.
@Louis03 : si on considère des personnes insolvables qui ont un accident de leur fait (irresponsabilité), il me paraît clair que l'état ne peut pas les laisser crever, donc que la collectivité doit prendre en charge ce type d'irresponsabilité. Si elles sont solvables, cela dépend des cas : accidents de la route, vous l'avez dit, sont à la charge de celui qui en est à l'origine (ou de son assurance), avortement : pour moi, c'est l’État : on ne peut pas obliger une personne à garder un fœtus pour cause de la réticence à assumer financièrement le coût de l'avortement souhaité. Les conséquences seraient bien pire pour la société que la solution simple de laisser la collectivité prendre en charge.
Je viens de découvrir votre blog, via twitter. Je reviendrai régulièrement, car j'apprécie vos arguments clairs et votre plume. :)
Amicalement
Si la suppression du remboursement de l'IVG est par intérêt économique, plutôt interdire les grossesses et accouchements, ça coûte quand même beaucoup plus cher que l'IVG!
Je lis ici que 40% des femmes ont recours au moins une fois à l'avortement, et 80% de celles qui avortent étaient sous contraception. Pas bien sûr que ces 32% d'avortement sous contraception soient des avortements de confort...
@David Monniaux : Sur les petits et gros problèmes. Vous avez raison, mais il faut en réalité diviser le coût du problème par le temps qu'il faut pour le résoudre. Or en général, les gros problèmes sont moins propices à l'émergence de solutions rapides (cf le problème des retraites)
Billet intéressant mais commentaires bien largement masculin ! "femmes petites têtes...".
Le propos de Melle Le Pen n'est évidemment pas économique. Exemple de comparaison :
Tout cela coûte donc à l'assurance maladie. Financement : 48 % cotisations, 36 CSG, le reste impôts et taxes dont 11 % contribution des industries pharmaceutiques. Une loi autorise son budget. Ce n'est donc pas l'Etat qui répare.
@Merlussa: L'idée des femmes inconséquentes, légères, qui se font avorter par « confort » et qu'il faudrait « responsabiliser » était, il me semble, présente dans la suggestion de Mme Le Pen, qui est une femme (et dans mon entourage, la seule personne qui tient ce genre de propos est une femme).
Je suis bien d'accord sur votre distinction entre l'Assurance maladie (Sécurité sociale) et l'État, au point de vue légal (personnes morales différentes, lois de finances différentes, assise différente des taxes, etc.). Je pense cependant que, dans l'esprit de ceux qui mènent ce débat, l'« État » ce sont tous les organismes publics et para-publics à portée nationale (oui, je sais, les caisses de sécurité sociale sont des organismes de droit privé). Même si c'est faux stricto sensu, ce n'est pas déraisonnable s'agissant d'organismes financés par des prélèvements obligatoires imposés par la loi.
Tu veux faire un enfant parce que c'est cool ? Ta femme attend des triplés et tu a déjà 2 enfants ? L'État (enfin, la Sécurité sociale) n'a pas à payer pour tes inattentions,elle n'avais qu'a libérer qu'une seule ovule... Merci Marion de ton intervention mais tu es gentille prend un peu de bouteille et après on en reparle.
@David Monniaux : effectivement, Marion Le Pen pointe l'avortement de confort. Elle précise même qu'il est minoritaire. Nous voilà dans la droite ligne de son parti (et malheureusement de quelques autres...) : en raccourci, les "minorités" profiteuses (chômage, allocations) prouvent qu'il faut arrêter les aides en général. En fait c'est bien l'avortement qu'elle condamne mais elle ne le dit pas clairement, contrairement aux "anciens" de son parti. On peut lui reconnaître aussi une cohérence différente : elle se prononce contre la peine de mort.
@Aratal : on pourrait aussi se demander qu'elle est la part de grossesses menées à terme dues à "l'inattention".
Remarque indépendante des propos de MMLP.
L'avortement est pour l'instant remboursé à 70-80% par la sécu, comme la plupart des traitements.
Il est prévu de passer à du remboursement total. Pourquoi ce traitement serait-il mieux remboursé que d'autres? Les mineures sont déjà remboursées à 100%, ainsi que les titulaires de la CMU. Puisque ces cas ne sont pas concernés, pourquoi mieux rembourser un avortement qu'un plâtre à la jambe? Pourquoi les gens modestes (mais pas très pauvres type CMU) auraient les moyens de payer pour un plâtre, mais pas un avortement?
Est-ce vraiment logique de rembourser totalement les avortements, mais seulement partiellement la pilule, et pas les préservatifs?
Le signal est mauvais, car même faiblement, cela pourra encourager les relations non protégées, et donc les MST.
Le nombre de personnes se passant sciemment de contraception, pour ensuite avorter est probablement faible... Encore que, chez certains mineurs, et les gens en grandes difficultés financières, j'ai des doutes...
Mais anecdotique pour anecdotique, je ne pense pas que le coût d'un avortement ait jamais été un obstacle. Y a-t-il une femme qui a mené une grossesse à terme parce qu'elle n'avait pas les moyens d'avorter?
L'entrée de blog m'a bien fait marrer (je sais pas si c'était le but) mais les commentaires moins
L'entrée de blog m'a vraiment fait peur (le niveau ne vole pas haut) mais certains commentaires m'ont rassuré. Ouf, la France n'est pas qu'un pays d'assistés.
" remboursement de l’IVG: « Ce n’est pas à l’État de réparer les inattentions des femmes. »"
L'IVG ne doit pas être confondue avec le contraceptif (quel qu'il soit) même si sociologiquement, certains classent comme contraception l'abandon d'enfant ...
L'IVG ne se pratique pas forcément parce qu'on a raté sa contraception habituelle.
Enfin, une conception se pratique à deux mais c'est toujours madame qui est inattentive ... La voix du macho semble visiblement intégré par les filles de la famille qui recourra sans doute en toute discrétion à la pilule du lendemain en cas d'inattention ...
"J'ai travaillé et je m'en suis sorti DONC en travaillant on s'en sort toujours ; je fais attention et je n'ai jamais provoqué d'accident DONC quand on fait attention on ne provoque jamais d'accident ; ... conclusion : ceux qui ont des soucis ne sont que des assistés à mépriser".
Exercice 1 : trouver les erreurs de raisonnements.
Remarque : ces arguments sont réellement utilisés par certaines personnes visiblement de bonne foi.
Exercice 2 : écrire un commentaire symétrique dans lequel sont exposés les raisonnements les plus fumeux des vils gauchistes.
Je pense qu'on a pu démontrer assez solidement que l'enjeu de couper le remboursement de l'avortement "de confort" n'est pas pratique, mais purement symbolique et morale,
Maintenant, une autre question serait de voir comment cette morale est effectivement observée. En particulier, si on se retrouve avec des anti-IVG qui font pression sur leurs maîtresses pour se faire avorter, dans le genre de
http://www.democracynow.org/2012/10...
Quand ça arrive, on a essentiellement prouvé que l'enjeu n'est même pas moral, mais qu'il est soit de la politique électoraliste cynique, soit un outil d'asservissement et de victimisation d'une classe de la population.
@Miro: Vous parlez d'assistés ; j'avoue ne pas très bien comprendre à qui vous faites allusion. Peut-être devriez-vous préciser ce concept.
Voyons donc... Qui est un « assisté » ? A priori, une personne qui ne vit pas de son travail et qui ne pourrait pas s'en sortir sans l'aide des autres. M. Arnaud Lagardère a hérité le groupe industriel et éditorial de son père et, de divers avis, le gère assez mal et sans grande assiduité. Mme Liliane Bettencourt a hérité le groupe cosmétique de son père, n'a semble-t-il jamais travaillé et vit depuis longtemps avec l'aide de personnel de maison. Est-ce à eux, par exemple, que vous faites allusion ?
Chaque fois que je propose de ne plus rembourser le cancer du poumon des fumeurs ou les cirrhoses des buveurs et leurs accidents de voiture, on me traite de fasciste. Alors qu'il ne s'agit la absolument pas d'inattentions ni de meconnaissance (en tout cas plus aujourd'hui pour aucun des exemples).
Pourtant ces exemples violent le principe de base de l'assurance. Il n'y a d'assurance que lorsqu'il y a alea (de maniere a ce que tout le monde paye l'esperance et non pas certains individus le max) or dans ces cas, les probabilites tendent fortement vers 1 pour l'ensemble des cas consideres. Il s'agit donc d'un don de la part des non fumeurs / non buveurs aux fumeurs / buveurs et d'une onction au nom de la liberte individuelle.
Au bureau ils ont fait le meme coup avec le remboursement des lunettes alors que 95% des employes en ont. Plutot que chacun paye les siennes, on paye une mutuelle qui ajoute 10% de frais et nous redonne le meme argent quelque temps plus tard...
@Couard Anonyme: Effectivement, d'un strict point de vue sémantique, la contraception ne relève pas de « l'assurance maladie », puisque la grossesse n'est pas une maladie et qu'une assurance est là pour couvrir les risques d'évènements fortuits.
Cela dit, un impôt pour payer la contraception et l'IGV est nettement moins absurde qu'un impôt pour payer des analgésiques aux fumeurs et aux ivrognes (en attandant que l'on découvre les effets secondaires du cannabis sur le long terme).
De toutes les façons tout ce que nous ne payons pas ainsi, nous le payerons beaucoup plus cher plus tard. Il est de notoriété publique qu'il y a un taux de criminalité largement plus élévé chez les enfants non-désirés. C'est d'ailleurs la cause la plus probable de la réduction de la criminalité constatée il y a quelques années dans les grandes villes des Etats Unis comme New York (et non la politique de "zero tolérance", que cela n'en déplaise à son maire).
Bref, le remboursement de la contraception et de l'IVG est un pur calcul d'optimisation et ne laisse que très peu de place à la morale ou aux croyances. Sauf à préférer se faire poignarder dans la rue pour la grandeur de Dieu.
@ fultrix:
"Enfin, une conception se pratique à deux mais c'est toujours madame qui est inattentive"
Depuis quelques années, monsieur a découvert des raisons d'être attentif. Il peut maintenant être poursuivi en reconnaissance de paternité. La sécu ne rembourse pas encore les conséquences de cette inattention...
Sans approuver le dérapage de Mlle Maréchal Le Pen, je souligne qu'entre se casser une patte sur une piste de ski et se faire avorter, il y a une question d'éthique... Mais le débat est mal venu. Tant qu'à envisager des réformes, autant chercher les économies à réaliser ailleurs!
PS: le coût de l'accouchement et de l'avortement ne se limite pas aux honoraires médicaux, dont l'impact est marginal par rapport au coût total de la prise en charge...
@Régis: Ce n'est pas moi qui ai mis le sujet sur le « confort », le manque de sérieux et les aspects financiers ; c'est Mme Le Pen.
Quant à la question d'éthique, je vous renvoie sur ce site, dont la thèse semble être que tout le monde ne considère pas l'avortement comme un acte grave et regrettable, et qu'au contraire cela relève d'un point de vue destiné à faire se culpabiliser les femmes concernées. (Cette mention de ma part ne constitue ni approbation ni improbation de leur point de vue, mais est simplement destinée à vous montrer la subjectivité et la diversité des opinions sur ces questions.)
@David: t'as quand meme laisse Louis3 troller allegrement. L'avortement "de confort" n'existe pas, pas plus que la "warefare queen" des discours de Reagan et de Chirac (le bruit et l'odeur...).
Ceux qui se drapent derriere des questions d'ethique, la responsabilisation des femmes ou toutes sortes d'autres inepties ne le font que pour occulter leurs arguments religieux. Or comme dit precedemment il n'y a pas grand monde qui soit pret a se faire poignarder dans la rue pour defendre ses idees ethiques ou religieuses, donc la question est pliee. L'avortement doit etre legal et rembourse, point barre, et la contraception avec.
D'ailleurs quitte a responsabiliser, autant responsabiliser d'abord les fumeurs et les buveurs, ca va calmer tout le monde et nous aurons de suite moins de philosophes et de moralisateurs.
En revanche il existe un point qui est toujours occulte a savoir que l'avortement est une tolerance et non pas un droit "a disposer de son corps" contrairement a ce que clament les feministes. Pas plus que je ne puis exiger "le droit que les autres reparent mes conneries". C'est juste que le prix de ces conneries dans ce cas est tellement exorbitant pour la collectivite que cette derniere prefere reparer sans poser de questions. Mais c'est un fait du prince.
La "welfare queen", tu veux dire, cette femme imaginaire (et noire, mais ça on le sous-entend) qui vit dans l'opulence grâce aux aides sociales, dont parlait la droite américaine ?
Welfare, en effet... j'avais un rhume de cerveau quand j'ai ecrit ca comme dirait Julia Kristeva.
Ce mythe, ce n'est pas seulement la droite americaine, le discours de Chirac dit "le bruit et l'odeur" en est l'adaptation francaise a des fins tout autant electoralistes.
Une grande partie de nos agissement sont bases sur des mythes, par exemple les femmes ont peur de se faire agresser dans la rue, mais 1% des femmes ont ete agresees dans leur vie par un inconnu tandis que 10% ont ete victimes de violences conjugales, donc victimes d'un homme avec lequel elles ont choisi de partager leur vie !
La encore, le debat de l'insecurite est plie : les femmes sont plus en securite dans la rue que chez elles.
Entre les idiots et les politiciens manipulateurs prets a tout pour se faire reelire, c'est un miracle divin qu'il y ait de bonnes decisions prises de temps en temps. Un miracle divin, et surtout un peu de hasard.