Il y a quelques semaines, allant au Bois français (une zone à l'est de Grenoble avec une base nautique et des allées boisées où il fait bon se promener), j'ai eu la surprise de voir un grand déploiement de forces de gendarmerie. Il me semble même que certains militaires portaient de légers gilets pare-balles. L'explication : il s'agissait d'une opération destinée à juguler la prostitution au Bois français, saluée par le Dauphiné Libéré et France 3 :

« Au point de mettre en émoi les communes de Domène, Montbonnot-Saint-Martin et Saint-Ismier lassées des désagréments que causent les arrêts répétés des clients le long de la RD 11 qui mène au Bois français et inquiètes de la salubrité de la zone à cheval sur les trois localités. » « Nous n’avons pas la prétention de supprimer la prostitution à cet endroit-là », explique le chef d’escadron Rémy Nollet. Et le commandant de la compagnie de gendarmerie de Meylan de poursuivre : « Nous avons en revanche la prétention de limiter le trouble à l’ordre public et faire en sorte que le Bois français ne devienne pas un lieu uniquement dédié à la prostitution et que les usagers traditionnels de la base de loisir puissent continuer à en profiter… »

Je ne fréquente certes pas assidûment le Bois français, mais en tout cas je n'y ai jamais vu de prostituée et ai encore moins été gêné par elles ou par les arrêts de clients le long de la RD11. Peut-être faut-il pour cela y aller le soir... heures où il n'y a pas d'« usagers traditionnels de la base de loisirs ».

Le bilan de l'opération est impressionnant :

« Depuis le 13 septembre, plus de deux cent véhicules ont été contrôlés et seize infractions au code de la route ont été relevées, dont une conduite sous l'influence de produits stupéfiants. ».

Je ne vois pas très bien le rapport entre les infractions au Code de la route et les prostituées, mais bon...

Plus récemment, je remarque que divers commerçants de l'avenue Alsace-Lorraine (une avenue commerçante du centre de Grenoble, menant à la gare) affichent une pétition demandant à ce que les autorités agissent contre (je n'ai plus le texte exact en tête, je cite de mémoire) :

  1. Les mendiants et SDF agressifs, ivres, faussement handicapés ou munis de chiens qui divaguent.
  2. Les prostituées venant des pays de l'Est, qui plus est pratiquant souvent leur métier dans des logements payé par le Conseil général (?).
  3. Les vandales (qui p.ex. rayent les vitrines) et taggueurs.

Mendiants et prostituées sont censés faire fuir la clientèle.

Je passe tout de même assez souvent avenue Alsace-Lorraine, et je n'ai jamais remarqué de prostituées. Peut-être faut-il passer tard le soir, mais alors j'ai du mal à imaginer la gêne pour les clients de magasins qui sont alors fermés depuis des heures. La seule gêne que j'éprouve actuellement dans le secteur Alsace-Lorraine / Jean Jaurès est due aux travaux du tramway...

Soit je suis vraiment très mauvais pour repérer le lumpenproletariat, soit je ne passe pas les bons jours aux bonnes heures.

(J'adhère en revanche totalement à la critique des taggueurs. Au mieux, ceux-ci salopent des façades avec des dessins moches. Au pire, ils rendent illisibles des panneaux de circulation routière et donc les empêchent de remplir leur fonction, ce qui est gênant voire dangereux.)

PS En cherchant des informations sur cette pétition (vague espoir que son texte soit en ligne), je tombe... sur un article sur FDesouche et sur un billet de l'UMP de l'Isère ! Étonnant, non ? Voir aussi le Dauphiné Libéré, dont je regrette que l'exactitude journalistique n'aille pas jusqu'à présenter en ligne le texte de la pétition.

Il s'agirait, d'après ces sources, de prostituées roms qui viendraient racoler les passants dans la rue et jusque dans les commerces. Je n'ai jamais été racolé depuis ce jour lointain où j'avais voulu faire Pigalle→Montmartre par les petites rues ; je ne sais pas ce que je dois en déduire.

PS² La pétition en question a disparu d'au moins certains commerces.