Genre et activité professionnelle
Par David Monniaux le mardi, octobre 2 2012, 13:12 - Société - Lien permanent
Au sujet du genre et de l'activité professionnel, un exemple amusant : la recherche scientifique, notamment en informatique. Prenons le bilan social de l'INRIA :
- 81,2% des chercheurs sont des hommes
- 81,7% des techniciens et ingénieurs de support informatique sont des hommes
- 92,5% des personnels de développement technologique (ingénieurs de recherche ?) sont des hommes
- 97,6% des assistants (secrétaires) sont des femmes (*)
- 100% du personnel des œuvres sociales sont des femmes.
Les clichés sont donc parfaitement exacts concernant cet organisme : les hommes s'occupent de la technique, les femmes de l'administration subalterne.
Au CNRS le bilan social indique par exemple que les domaines scientifiques les plus féminisés sont les sciences humaines et sociales et la biologie ; pour les personnels hors chercheurs, le domaine le plus féminisé est « gestion et pilotage » (avec des taux à 90% dans les grades inférieurs, qui doivent correspondre à ce qu'on appelle souvent « secrétariat »). Là aussi, les clichés sont exacts, Je crois en effet ne jamais avoir rencontré d'homme secrétaire de laboratoire (on m'a cependant cité le cas d'un ex-militaire).
Parmi les branches les moins féminisées, « électronique électrotechnique ». Encore un cliché : je me rappelle avoir visité un atelier d'électroniciens (un ingénieur d'études, ou assistant-ingénieur? et des techniciens), il y avait des pin-up aux murs...
(*) D'ailleurs, les chercheurs INRIA, hommes ou femmes, parlent toujours des « assistantes » tellement les hommes sont rares dans cette fonction (« il paraît qu'il y en a, mais je n'en ai jamais vu »). On me murmure qu'il y aurait UN assistant de projet, à Rennes.
Commentaires
Sauf erreur de ma part, le sécrétariat du MMFAI était occupé par un homme à une époque ou tu y sévissais (2003-2004). Ok ça ne rentre peut-être pas dans ce que tu appelles sécrétaire de laboratoire.
@Ni: J'ai bien dit « laboratoire » pas « département d'enseignement ». Côté enseignement, j'en ai connu au moins deux : celui-ci et le monsieur du service des thèses de Dauphine. Je ne connais pas les statistiques des BIATOSS / ITARF.
Dans mon département (non représentatif, je sais ) :
- division Génie mécanique : 100% d'hommes ES
- Méca solides : 98.8% d'hommes ES (1 femme MC)
- Genie Civil : 92.7% d'hommes ES (3 femmes MC)
- Méca fluides : 93.1 % d'hommes ES (10 femmes MC)
et 1secretaire homme...
Bilan et explication :
- avec aussi peu de femmes, évidemment pas de femme PR
- pas de femme en GM ? bon, vu le nombre de femme dans ma promo de Cluny ...
- Entendu lors d'un recrutement d'un PR en matériaux : argument officiel "n'a pas les capacités d'encadrement nécessaires". peut-être, je ne sais pas. En aparté "A d'autres responsabilités, elle a deux enfants".
Alors, avec tout le respect que je dois au maitre des lieux : MERDE !
@ctpjano: Réflexion choquante qui dénote une attitude très « vieille France » (et, me dit une allemande, très répandue en Allemagne) : dans un couple, c'est forcément la femme qui s'occupe de presque tout concernant les enfants, et donc elle doit mettre sa carrière en veilleuse voire arrêter de travailler dès qu'elle en a.
Pour information, j'ai une collègue qui a deux enfants, est passée DR à 33 ans et a un projet ERC...
Pour info (moi aussi),
- la remarque vient du directeur du labo (à peine 50 ans!)
- la marraine de ma seconde fille est PR depuis ses 35 ans et responsable de département. A croire que la fac est moins conservatrice que les écoles d'ingénieurs ...
ceci dit, l'égalité homme -femme par principe me dérange. Alors, avant de passer pour un vieux C..., j'explique : dans mon domaine d'activité, la proportion de femme suivant la formation initiale (à savoir avant le doctorat) est d'environ 5-10%. Il serait très étonnant que la répartition en poste soit différente. Mais le mode de sélection de ES est en partie la cause des dérives particulières (peut-être) de mon établissement.
Un de mes chers confrères m'a dit un jour que si on virait les anciens de l'école des postes de responsabilités, il faudrait trouver ... presque tous les directeurs de départements, de labo, le directeur de la recherche, celui de l'enseignement et le directeur de la boite. Comme disait Pagnol, la consanguinité, c'est pas bon pour les lapins, alors, pour les hommes ....
@ctpjano: Se méfier des généralisations. Si l'on prend la situation grenobloise, je connais plusieurs professeurs femmes à l'école d'ingénieurs ENSIMAG (y compris l'administratrice de Grenoble-INP) mais aucune à l'université.
Vous soulevez avec raison le problème des écoles d'ingénieurs qui recrutent d'anciens élèves comme professeurs, ce qui finit par donner une ambiance « old boy network » et qui ne doit pas être très favorable à une recherche et un enseignement innovants et ouverts sur l'extérieur et notamment l'international.
AU LIP (laboratoire d'informatique de l'ENS Lyon), il y a un assistant d'équipe. D'après lui, ils sont trois en tout et pour tout à INRIA...