Dans cet article du Guardian britannique au sujet d'un potentat africain recherché en France:

Premier paragraphe :

French police have issued an arrest warrant for the son of Equatorial Guinea's president as part of an investigation into African autocrats' suspected "ill-gotten gains".

Troisième paragraphe :

When the 41-year-old, known as Teodorin or TNO, failed to show up, Roger Le Loire, the judge heading the unprecedented French investigations into the assets of three African heads of state and their families, immediately issued an arrest warrant.

Dans le premier paragraphe, c'est la police qui crée un mandat d'arrêt (plus probablement, en droit français, un mandat d'amener). Dans le troisième, c'est un juge d'instruction.

La nuance est de taille. Dans les pays anglo-saxons, il y a une croyance tenace qu'en France et plus généralement dans les pays sous influence du « code Napoléon » (Napoléon étant un repoussoir pour les britanniques et par extension pour ceux qui ont adopté leur culture) le pouvoir (exécutif) peut faire arrêter n'importe qui ou fouiller n'importe quel lieu, tandis que dans les pays de tradition judiciaire britannique, il faut l'approbation d'un juge, voire d'un jury. Celui qui s'arrêterait au premier paragraphe (les dépêches de presse sont justement écrites pour que l'on puisse s'arrêter au début et connaître le cœur de l'affaire) pourrait croire qu'en France, la police peut d'elle-même décider d'arrêter un suspect, hors flagrance.

Autrement dit, l'approximation journalistique n'est pas culturellement neutre. Elle reprend les présupposés et croyances du public auquel elle s'adresse.