Je lis, j'entends assez souvent la plainte suivante : l'Assemblée nationale n'est pas à l'image du pays ; elle surreprésente les hommes blancs, les catégories socioprofessionnelles supérieures, certains métiers, etc. Bref, sa composition sociale, sexuelle et ethnique (faute de meilleur terme) ne reflète pas celle de la population. Certains s'interrogent donc sur les systèmes permettant de corriger cet état de fait, et notamment sur la modeste efficacité de la loi sur la parité.

Il me semble, malheureusement, qu'il est inévitable qu'une assemblée élue (et non tirée au sort parmi la population) ne soit pas représentative au sens évoqué plus haut. Pour se faire élire, il faut être soutenu par un parti politique, ou du moins avoir des relations locales suffisantes (cas des « dissidents ») ; il me semble que jamais un simple citoyen, ni affilié ni soutenu par un parti, n'est élu. Faire carrière dans un parti politique suppose d'avoir un métier et une vie de famille compatibles avec le militantisme, et une tournure d'esprit tournée vers la promotion de sa propre personne (coller des affiches et tracter sur les marchés, cela va un temps, mais ensuite il faut passer aux choses sérieuses). Prenons le cas d'une femme de ménage avec enfants, dont le mari travaille au noir dans le bâtiment. Par quel miracle aurait-elle la possibilité de faire carrière dans la politique ? Quel temps pourrait-elle consacrer à cette activité ?

Il est donc évident que les candidats investis par les partis ne sont pas représentatifs de la population en général !

Question subsidiaire : n'est-il pas curieux, quand on s'attaque au sexisme, c'est-à-dire à l'évaluation d'une personne en raison de son sexe et non de ses autres caractéristiques et qualités, d'expliquer que « les femmes » seront mieux représentées si une énarque CSP+ carriériste est élue ? Celle-ci connaît-elle vraiment la vie de la française moyenne ?