Lisez cette tribune...

En résumé : à l'exception de certaines disciplines particulières (médecine), les licences universitaires se voient assignées par le gouvernement le rôle de parking pour ex-lycéens, y compris ceux qui savent à peine lire, écrire et compter et en sortiront sans tirer grand chose de leur formation ni avoir un diplôme qui leur permettra de trouver un emploi. Le gouvernement de droite et le « syndicat étudiant » UNEF NdDM: rappelons que les élections ... sont sur ce point des alliés objectifs : il s'agit de donner à moindres frais la licence à une grande proportion des inscrits, et ce indépendamment de leur niveau réel. Malgré les prétentions à l'autonomie des universités, on corsètera donc celles-ci au niveau des choix d'enseignement et d'évaluation, et on imposera donc aux enseignants du supérieur des règles de fonctionnement maximisant le nombre de diplômés. Ce choix politique n'est aucunement facteur de démocratisation de l'enseignement supérieur : les parents qui savent ce qui est bon pour leur progéniture les envoient vers les formations sélectives et notamment les grandes écoles.

Peut-être le trait est-il forcé... mais il y a sans doute quelque chose de vrai là-dedans. Par exemple, est-il bien raisonnable de donner un M1 maths/info à un étudiant dont le niveau en maths n'attend pas celui d'un élève de maths sup et qui sait à peine programmer ? Est-il raisonnable de faire venir dans des formations des étudiants étrangers qui n'en ont pas les prérequis (ce qui n'est d'ailleurs pas de leur faute), ou qui ont des difficultés de langue qui les empêchent de suivre les cours ?

Suis-je réactionnaire si je dis que tout cours se base sur des prérequis et que l'on ne peut éternellement recommencer les fondamentaux ? Si je dis que tout enseignement suppose un minimum d'attention et de travail par les étudiants ?

PS Vous pouvez réagir en me disant que je suis réactionnaire, élitiste, etc. :-) En résumé, ma position : il y a en France un fétichisme de la formation initiale, qui veut qu'il faut qu'elle soit longue, et ce indépendamment des goûts des étudiants, de leurs aptitudes et des besoins en emploi ; derrière tout cela il y a un dégoût culturel pour la formation professionnalisante ou « appliquée » (ou, pire, le travail manuel).