J'apprends d'après MM. Sarkozy et Le Maire que je ne suis pas un « vrai travailleur » :

"Le 1er mai, nous allons organiser la fête du travail, mais la fête du vrai travail, de ceux qui travaillent dur, de ceux qui sont exposés, qui souffrent, et qui ne veulent plus que quand on ne travaille pas on puisse gagner plus que quand on travaille"

Je ne suis guère exposé et je ne souffre pas, si ce n'est d'insomnies (d'après la médecine du travail CNRS, une partie du personnel chercheur est stressé à cause des deadlines, mais c'est sans commune mesure avec le stress des travailleurs précaires).

Ceci dit, ni MM. Sarkozy ni M. Le Maire ne sont de vrais travailleurs, selon ces mêmes critères :ils sont bien rémunérés, et même renvoyés dans les urnes, ils trouveront d'autres emplois bien rémunérés. Ils ne souffrent clairement pas de leur emploi.

M. Le Maire explicite :

 le vrai travail, ça veut dire les gens qui prennent leur voiture le matin pour se rendre dans leurs entreprises, leurs usines, leurs exploitations

Je prends un tramway pour me rendre dans un établissement public.

Non, décidément, je ne travaille pas vraiment.