Un autre raisonnement intéressant dans les derniers propos de Christian Vanneste, que j'espère pouvoir résumer ici ainsi sans le déformer :

  1. Les homosexuels sont assez nombreux dans les médias et le monde politique, y compris à droite, et y sont en bien plus grande proportion que dans le reste de la population.

  2. À ces postes, ils défendent donc les intérêts des homosexuels, qui ne sont pas ceux du reste de la population. On ne peut représenter valablement une population si on a un mode de vie si dissemblable de celui de la plupart des concitoyens.

Le point 1 mériterait d'être étayé. Je connais divers collègues homosexuels, dont seule une partie affiche largement cette préférence sexuelle. Il y a par ailleurs aussi un bon nombre de collègues dont j'ignore la vie personnelle et familiale et qui pourraient l'être. Il est donc fort possible que le monde politique, ou celui des médias, comprenne une proportion d'homosexuels du même ordre que l'ensemble de la population, mais qu'il y soit plus possible d'afficher cette préférence que dans des métiers à traditions « viriles ».

Comme je l'expliquais dans mon billet précédent, un raisonnement valable doit s'appliquer à tout objet qui vérifie ses prémisses. Remplaçons donc les prémisses douteuses de M. Vanneste, au point 1, par des prémisses objectives et incontestables, et voyons donc ce que nous obtenons au point 2, mutadis mutandis :

  1. Les élus nationaux et les patrons de la presse ont des revenus les plaçant dans les quelques pourcents supérieurs de la répartition de la population suivant son revenu. (On pourra, pour s'en convaincre, placer les indemnités parlementaires dans l'échelle des salaires de la population, sans parler des avantages en nature.)

  2. À ces postes, ils défendent donc les intérêts des riches, qui ne sont pas ceux du reste de la population. On ne peut représenter valablement une population si on a un mode de vie si dissemblable de celui de la plupart des concitoyens. (*)

Au passage, notons qu'ainsi le raisonnement de M. Vanneste, appliqué à ses revenus de parlementaire et au prédicat « riche », conclut qu'il n'est pas représentatif de la la population et ne peut donc valablement la représenter. S'il est cohérent, il devrait donc quitter son poste de parlementaire. Or, sa dernière sortie le prive du soutien de l'UMP aux prochaines élections et lui coûtera peut-être son siège. M. Vanneste est visiblement amateur de raisonnement psychanalytique : doit-on voir derrière cette sortie un acte manqué, une conviction subconsciente qu'il n'est pas un représentant du peuple ?


(*) J'apprends ainsi que M. Hollande aurait dernièrement déjeuné avec M. Bernard-Henri Lévy dans un restaurant des Champs-Élysées où le menu de saison coûte 150€, proposant notamment à sa carte une salade aux truffes pour 140€. Force est de constater qu'il ne s'agit pas là d'un mode de vie typique de nos concitoyens.