À l'annonce de la fermeture de MegaUpload, certains de mes collègues ont avoué leur déception : ils ne pourraient plus regarder ''The Big Bang Theory'' en VO, leur appréciation étant que la version française, d'après eux la seule distribuée en DVD en France, est bien moins plaisante. Il est éventuellement possible de se procurer une version québécoise en import, mais c'est lent et cher, et le DVD est zone américaine et non Europe.

On me dira que le cas des personnels de la recherche en sciences exacte, travaillant dans un univers internationalisé et anglophone, n'est pas représentatif. Pourtant, hier, dans les transports en commun, mes voisins, visiblement des étudiants, faisaient la même critique : plus de MegaUpload, plus de séries en VO.

Tout d'abord, je me réjouis de cette attractivité des œuvres en langues étrangères — cela nous change du cliché du français qui parle anglais avec un accent à couper au couteau.

Ensuite, il me semble que ces anecdotes illustrent bien un phénomène récurrent chez les industries culturelles : elles ne distribuent pas les produits que les clients demandent, mettent des obstacles techniques à leur jouissance paisible par ceux qui les achètent (par exemple les zones de DVD ou les DRM), et ensuite se plaignent que les clients vont trouver leurs produits sur des services moins chers et plus pratiques.