L'enseignement supérieur « normal » français (j'exclus ici les établissements à statuts particuliers tels que l'École polytechnique) est divisé en sections disciplinaires, portant des numéros : par exemple, section 25 c'est mathématiques pures, section 26 mathématiques appliquées (*), section 27 c'est informatique, etc. Les enseignants-chercheurs officiant dans une discipline sont évalués et, du moins dans certains cas, promus par la section correspondante du Conseil national des universités (CNU), formée d'enseignants-chercheurs et de chercheurs de la discipline, en partie élus et en partie nommés par les instances ministérielles. Ainsi, je suis électeur en section CNU 27.

Chaque section, au fil du temps, finit par se constituer des grilles d'évaluation, des critères, en se basant notamment (du moins en sciences dites exactes) sur les habitudes internationales. Il est rare que l'on crée ou que l'on supprime des sections.

Autant dire ma surprise à la nouvelle que l'on parle de créer une section supplémentaire expérimentale interdisciplinaire sur la « criminologie ». Je ne connais guère le domaine, mais il me semble que la criminologie relève tant du droit que de la psychologie et de la sociologie ; est-il possible de l'évaluer hors de ces disciplines ?

(*) Ne pas trop se formaliser sur ce genre de terminologie : ainsi, un enseignant-chercheur qui travaille sur de l'algèbre avec application à la cryptographie (chiffrement) peut être en 25 (maths pures) ou en 27 (informatique) mais pas en 26, alors qu'effectivement il fait des « mathématiques appliquées ». 26, c'est plutôt probabilités et équations aux dérivées partielles, pas algèbre.