On m'a demandé ce que j'entendais par « riche ».

C'est bien sûr une qualité difficile à définir. On peut définir la sortie de la pauvreté comme la fin de la nécessité d'arbitrer entre des besoins élémentaires ; on pourrait de même définir la richesse comme la possibilité de n'arbitrer que sur du superflu ; mais se posent dans un cas comme dans l'autre la difficulté à définir précisément ce qui relève du besoin élémentaire, de l'utile ou du superflu...

Ma définition de la richesse : n'avoir à arbitrer que sur le temps et non sur l'argent en ce qui concerne sa vie personnelle et familiale. Par exemple, je ne sais plus quel nabab (François Pinault ?) disait, à propos de ses résidences secondaires, qu'il ne faut pas trop en avoir pour avoir le temps d'y aller...

Du plus pauvre au plus riche homme du monde, une caractéristique commune : la finitude de la vie. Même si, bien sûr, le riche s'alimente et se loge mieux et a accès aux soins, et donc peut vivre plus longtemps que le pauvre, il finira par mourir. Il doit donc arbitrer sur son temps disponible.

Pauvres comme riches doivent arbitrer leur temps disponible : la différence est qu'un riche comme Pinault peut essentiellement se payer n'importe quel loisir qu'il pourrait désirer (sauf, peut-être, si celui-ci était franchement illicite), mais doit tout de même encore arbitrer sur son temps.

(Bien entendu, comme toutes les définitions sociales, celle-ci n'est pas binaire, mais continue...)