J'apprends que le PDG de la SACEM est payé 750000€/an. Bien sûr, la SACEM est une société de perception et de répartition des droits (SPRD), donc un organisme privé, qui fixe comme il l'entend les rémunérations de ses cadres dirigeants. Toutefois :

  • La SACEM a un monopole de fait sur la gestion collective des œuvres musicales (hors théâtre et cinéma, gérés par la SACD). Selon la Constitution (plus exactement, le préambule de la constitution de 1946, référencé par l'actuelle constitution française), « Tout bien, toute entreprise, dont l'exploitation a ou acquiert les caractères d'un service public national ou d'un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité. »
  • La SACEM perçoit une « redevance copie privée », levée, telle une taxe parafiscale, sur les ventes de certains objets. (Le montant de cette rémunération, par exception au droit fiscal normal, est fixé par une commission ad hoc et non par la loi de finances.)
  • Certaines SPRD se font régulièrement taper sur les doigts par la commission de contrôle ad hoc, hébergée par la Cour des Comptes, pour la part élevée de frais de gestion et les rémunérations anormalement élevées de leurs cadres dirigeants.

J'ignore comment on va plus longtemps justifier que les taxes levées sur les citoyens et résidents français financent pareilles rémunérations. À argent public, rémunérations de type public ! Quant aux auteurs et compositeurs qui blâment l'Internet pour la faiblesse de leurs rémunérations, ils devraient peut-être se pencher sur les circuits financiers de celles-ci et sur les ponctions qui y sont opérées.