J'ai eu l'occasion de m'entretenir par le passé avec M. Éric Walter, secrétaire général de la HADOPI, alors que celui-ci était encore (je m'excuse si je ne cite pas le titre exact) chargé des questions d'Internet à l'UMP, alors que M. Sarkozy n'était pas encore président. M. Walter m'est alors apparu plutôt fin et ouvert à la discussion, tout en étant bien conscient des limites et présupposés de ceux pour qui il travaillait.

C'est donc avec une certaine tristesse que j'ai appris la polémique au sujet de sa rémunération, à savoir 180000€/an brut, et avec plus de tristesse encore que j'ai entendu la justification de pareille rémunération, qui serait celle des « postes à hautes responsabilité de la fonction publique ».

Vérifions un peu. Le dernier échelon de paye de la fonction publique est le « hors-échelle G », correspondant à l'indice 1500, donc à un traitement brut de 83345€/an (plus l'indemnité de résidence et/ou le supplément familial de traitement, mais ceux-ci sont assez négligeables). Un fonctionnaire peut percevoir des primes et indemnités en sus de ce traitement; il fut un temps récent où l'on ne pouvait pas plus que doubler son traitement (il est possible que ce plafonnement ne s'applique plus). Ceci place donc un plafond à environ 167000€/an, donc en dessous des 180000€ indiqués.

Ceci est un maximum théorique. Dans les faits, d'après un rapport du Sénat, un directeur d'administration centrale gagne environ 115000€/an. Ajouterais-je que les administrations publiques sont souvent de taille bien supérieure à l'HADOPI, et que les responsabilités sont bien plus importantes ?

Nous serions donc bien en présence d'une rémunération anormalement élevée par rapport au reste du secteur public !

(J'ignore au passage la rémunération du Président du CNRS... si c'est celle d'un directeur de recherche classe exceptionnelle dernier échelon plus quelques primes, cela fera sensiblement moins que les chiffres indiqués !)