Claire Mathieu a écrit il y a 5 ans un petit article décrivant, à l'usage de nos collègues étrangers en informatique théorique, l'enseignement en France à l'université (dont elle distingue bien les conditions de travail de celles du CNRS, INRIA ou des Grandes écoles).

Lisez son billet et la discussion qui a suivi. En comparaison, mes critiques paraissent « soft ».

Claire est actuellement professeur à Brown University...

(Si vous voulez un résumé de ce qui est dit : la nécessité pour les universités françaises d'accepter tout étudiant muni du baccalauréat, lequel est assez facile à obtenir, conjuguée avec la pratique d'attribuer les postes au pro-rata du nombre d'étudiants dans les formations, conduit à préférer avoir des pléthores d'étudiants non motivés dans des formations médiocrement organisées. Les étudiants sont démotivés, mais savent bien qu'in fine on leur donnera le diplôme.)

(Mon opinion sur la question : je n'ai pas de point de vue d'ensemble sur l'université française, je connais essentiellement des filières scientifiques. Je pense qu'un étudiant qui échoue dans ces filières, sauf à avoir des problèmes personnels ou familiaux, ou à devoir travailler le soir comme c'est hélas très souvent le cas, n'avait vraiment rien à y faire. J'ai vu donner des diplômes à des gens qui n'avaient vraiment pas le niveau...

Indépendamment des problèmes de nombre d'étudiants, les constats qu'elle fait restent valables, à ce que je vois auprès de mes collègues maîtres de conférence. Les universités françaises sont mal organisées, et notamment les services censés soutenir l'enseignement (support informatique, secrétariats...) sont souvent insuffisants, à la fois en effectifs et en compétences. Ceci aboutit à ce que des problèmes d'intendance soient gérés par des professeurs recrutés à bac+10.)