On parle périodiquement dans les médias de supprimer le classement de sortie de l'École nationale d'administration. Permettez-moi une suggestion hérétique : envisager la suppression de celui de l'École polytechnique.

Si le classement de sortie de l'ENA détermine l'entrée dans les grands corps administratifs (Inspection des finances, Cour des comptes...), celui de l'X détermine celle dans les grands corps techniques (Corps des Mines, Corps des Ponts...). Surtout, la nécessité de fournir des « notes classantes » impose de structurer l'enseignement autour de la possibilité de notation, ce qui est parfois contraire à la pédagogie.

À bien y penser, c'est un problème qui touche tout l'enseignement en France : tout ou presque est enseigné dans l'optique de pouvoir être évalué ; les sciences, du moins dans le secondaire, sont réduites à des séries d'exercices à pouvoir exiger lors de l'examen. Les élèves, pour la plupart, prennent vite l'habitude d'ignorer ce qui n'est pas quantifiable sous forme de note, et de ne se préoccuper que de « ce qui peut tomber à l'examen ».

Le but de l'enseignement ne devrait pas être d'enseigner, et non de noter ?

(Au passage, une idée intéressante d'Arnaud Montebourg : encourager le recrutement de docteurs dans la haute fonction publique.)