Ainsi, Ludovic Penet m'informe que François Hollande, après s'être engagé sur le programme du PS, qui prévoit la suppression de l'HADOPI, a annoncé devant l'ARP (société civile des auteurs-réalisateurs-producteurs) qu'il ne souhaite pas abroger la loi HADOPI. Il ne s'agit évidemment pas de réduire les enjeux de société de la France à la loi HADOPI (nous avons des problèmes bien plus grave, par exemple le budget), mais d'illustrer une certaine incapacité à tenir des engagements fermes.

Permettez-moi, Ludovic, Martine, François et les autres, un constat et une suggestion. Le constat : le vote des lois ne relève pas du Président de la République, et on voit mal en quoi le rôle du Parlement serait revalorisé si l'on s'engage à sa place sur ce qui sera ou non voté (dérive bonapartiste, ou gaulliste, mitterrandienne ou sarkozyienne : faites votre choix). La suggestion : pourquoi ne pas soumettre les lois controversées comme la loi HADOPI à référendum, comme cela arrive régulièrement chez nos voisins suisses ? D'après l'article 11 de la Constitution, le pouvoir de soumission à référendum relève justement de la Présidence de la République, et le référendum est possible pour des lois relevant de la politique économique, ce qui est le cas de la loi HADOPI (financement des industries du divertissement, dites « culturelles »).

Plus généralement, pourquoi ne pas étendre le champ du référendum et y recourir plus fréquemment ? Cela permettrait assez souvent de désamorcer les polémiques, accusations de promesses non tenues, et autres incidents de parcours.